Quel est le nombre de fidèles de la Chapelle des Carmes ?

Connaissant les aléas qui interviennent dans les motivations des fidèles dans leur choix d’un lieu de culte précis, le diagramme dans la fréquentation de notre Chapelle présente une ligne ascendante.

Des chiffres approximatifs de notre assemblée dominicale (Messe anticipée incluse) :
1979 : 180 fidèles. Une partie importante venait des bâtiments « Périgord I et II ».
1988 : 250 fidèles.
2002 : 350 fidèles. Chapelle provisoire. Paradoxalement aux prévisions de mauvais augure envisagées par les vendeurs de malheurs, s’est produit une augmentation considérable de fidèles due à l’élan de solidarité envers les Carmes générée par la démolition de la Chapelle (considérée abusive et inadmissible par les fidèles). Pendant ces quatre ans et demie d’intervalle a surgi une complicité créative et interdépendante entre les Carmes et les fidèles qui voulaient montrer leur soutien et leur amitié aux Pères dans cette situation anormale. De façon qu’une circonstance négative a provoqué comme effet positif un courant d’entraide manifesté par une assistance massive aux Offices de la Chapelle.

2017. Plongeons-nous dans les proportions, pourcentages et indices mathématiques. La population de Monaco est de 38.000 habitants. Si de ce chiffre on soustrait ceux qui n’y habitent pas régulièrement… ; si du chiffre restant on soustrait ceux qui ne sont pas chrétiens… ; si du chiffre restant on soustrait ceux qui ne sont pas catholiques… ; si du chiffre restant on soustrait ceux qui ne sont pas pratiquants… ; si du chiffre restant on soustrait ceux qui partent ailleurs le week-end… ; si du chiffre restant on soustrait ceux qui suivent la Messe à la tv (par question de santé)… ; si du chiffre restant on soustrait ceux qui rejoignent leur communauté paroissiale…(nous ne sommes pas « paroisse ») ; si du chiffre restant on soustrait ceux qui se déplacent, par inertie ou par atavisme, vers les églises du centre de la ville… ; si du chiffre restant on soustrait les familles avec des enfants catéchisés -acheminés vers les paroisses-…, on peut affirmer que, malgré toutes ces données, notre Chapelle compte sur une très acceptable assistance des fidèles : 500.

Les desservants de la Chapelle s’auto-exigent de s’approcher le plus possible ou de joindre des « mensurations parfaites » pour atteindre la satisfaction des fidèles.

Il s’agit seulement d’un succès embryonnaire, vide de contenu s’il ne vient pas accompagné de continuité, de prière et d’une croissance de l’esprit évangélique dans leur coeur.

Même si malheureusement nous avons « un décès et demi » par mois parmi les fidèles, mon carnet d’adresses n’est pas un cimetière ; du point de vue quantitatif, les personnes formidables que nous avons connu, ont été remplacées….

J'aimerais savoir ce que vous pensez de l'abandon de l'habit religieux.

Jusqu’aux ces dernières années l’habit était le seul symbole externe existant pour distinguer les religieux : « pour le reconnaître dans la foule ». Rappelons que l’habit est un symbole. Par définition, un symbole renvoie à une autre chose que lui-même.
Picasso a dessiné une colombe représentant la paix. Cette colombe n’est pas la paix elle-même ; elle ne fait que la signaler.
C’est exactement pareil pour l’habit : un symbole externe. Mais il faut d’abord dire que l’habit n’est pas un aspect fondamental de la vie religieuse. Celle-ci doit être visible par ses éléments constitutifs : consécration, ministère, état de vie.
Si l’on veut être sérieux en matière de religiosité, c’est d’abord et avant tout, l’attitude intérieure qui prévaut, non pas l’extérieur.
À quoi voulons-nous donner le plus de valeur ? À un symbole externe religieux ? Ou à un être humain qui a un cœur, qui sait pleurer avec ceux qui pleurent et se réjouir avec ceux qui sont dans la joie ? Un véritable religieux ne cesse pas de l’être du moment qu’il ne porte pas son symbole religieux.

En ce qui concerne ceux qui disent que l’habit peut aider à reconnaître un prêtre dans la foule…, je vais vous poser une question : Quand vous venez participer à nos célébrations ou partager avec nous un temps de votre vie, pourquoi êtes-vous venue à la chapelle et pas ailleurs « dans la foule » ? Parce que c’est à la chapelle où l’on se réunit… À la chapelle !!!!
Conclusion : Si un jour on veut reconnaître et rencontrer un prêtre, c’est toujours possible. Il suffit d’aller au bon endroit ; au lieu où normalement se trouvent les prêtres.
En ce qui nous concerne personnellement, nous passons toute notre journée à la Chapelle, en disponibilité complète…, avec ou sans habit. C’est là où vous nous trouverez. À notre place et non pas dans la foule !!!!!!
Alors, porter l’habit ou non ? Le port de l’habit reste une pratique vivante chez les Carmes, mais il est aujourd’hui lié au choix personnel du religieux et à l’environnement dans lequel il travail.

Quel est le genre de personnes qui fréquentent la Chapelle ? Comment peut-on les cataloguer ?

Il y a des fidèles en provenance de pays différents. C’est exaltant d’assembler des brassages qui pourraient ne pas avoir de rapport entre eux. Une sorte d’intuition universaliste.
Notre chapelle constitue une assemblée cosmopolite au niveau microscopique (microcosme). Les fidèles ne se replient pas sur eux mêmes ni sur leur semblant d’identité culturelle.
Pour décrypter le caractère de la chapelle il est indispensable de connaître la personnalité des fidèles :

Les intemporels, ceux qui ont fréquenté notre Chapelle depuis des générations et des siècles.

Les massifs, des gens dont le sentiment d’appartenance est très fort. Ils forment un noyau dur dont l’adhésion et la contribution sont constantes et solides.

Les discrets, dont la stratégie consiste à ne pas se faire remarquer pour des convenances personnelles.

Les dispersés, qui apparaissent et disparaissent fortuitement, presque par erreur ou par hasard.

Les occasionnels, dont la présence est motivée par suite de certaines circonstances : Messes en mémoire des défunts ; accompagner des amis…

Les “non identifiés”, qui malgré leur fréquentation hebdomadaire, continuent à être des anonymes dont on ne connaît pas l’origine ou la nature exacte.

Les nomades, qui ne se considèrent fidèles fixes d’aucune Église.

Les bilocatifs, ceux qui symboliquement sont aperçus simultanément en deux églises distinctes.

Les irréductibles, ceux qui dans leur choix, se montrent foncièrement attachés à notre Chapelle.

Les vacanciers, personnes “en transit”, qui font escale à Monaco pendant l’époque des fêtes ou de congés.

Les migratoires, des personnes migrant d’une église à une autre après une période de « fidélité » pour des raisons personnelles : (exemple : le cycle saisonnier…)

Les transplantés ou transfuges, qui se greffent définitivement à notre communauté ecclésiale après d’autres expériences ailleurs.

 

Les virtuels, -des fidèles en puissance- : ceux qui seraient fidèles de notre Chapelle mais qui sont retenus dans d’autres églises où ils exercent des activités paroissiales.

Les éjectables, des éléments inadaptés qui nuisent à la dynamique de la Chapelle, et qui sont invités à faire une réflexion dans d’autres milieux.

Les rattachés, habitants stables de Monaco pour qui le mot « paroisse » a perdu une partie de sa signification. C’est la « communauté » qui a de la valeur. La communauté représente le milieu idéal. C’est dans leur « communauté » où ils expriment leurs sentiments religieux.

Les juridiques, qui séjournent, selon les règles légales, une partie de l’année en Principauté ; surtout des italiens qui ont adapté notre Chapelle comme point de référence pendant leur séjour à Monaco. Ils n’ont pas l’habitude de participer activement à la vie du diocèse car leur sens d’appartenance est toujours marqué par leur milieu et leur héritage social et religieux d’origine.

Les consommateurs, qui participent aux activités traditionnelles mais ils le font souvent en acquéreurs. Si ce n’est pas à leur goût, ils iront à un autre ‘distributeur’ jusqu’à leur disparition complète de l’écran radar.

Les polymorphes, ceux qui sont instables dans leur fréquentation, dont le comportement est aiguillé par la rose de vents ainsi que par leurs fantaisies subites et cycliques.

Les indépendants, non affiliés, sans identité d’appartenance.

Les gravitationnels, autour de notre Chapelle, qui représente pour eux une plaque tournante ou une rampe de lancement vers, sporadiquement, d’autres églises.

Les festifs, ceux qui sont motivés à rejoindre notre Chapelle exclusivement aux moments des solennités carmélitaines ou des grandes fêtes liturgiques.

Les collaborateurs, ceux qui étant membres d’autres communautés paroissiales, s’associent à notre Chapelle en participant à des activités spécifiques privées des Pères Carmes.

Les non-répertoriés, ceux qu’on ne peut pas encadrer dans aucun coffrage.

Les pluri-facettes, ceux qui sont catalogables plusieurs fois dans ces étiquettes.

Parmi vos fidèles, trouve-t-on quelques caractères particuliers ?

Les insatiables, avides toujours de pratique religieuse, de prière et de silence méditatif.

Les visionnaires, qui associent leurs besoins de spiritualité à d’autres phénomènes réels ou oniriques.

Les orientaux, avec leur culture, leurs traditions religieuses, leur imagerie multicolore et leurs réactions imprévisibles.

Les désorientés, ceux qui sont désaxés, en souffrance, et qui fouillent dans leurs rêves et dans leurs remords, autant que dans leurs souvenirs.

Les mystiques, ceux qui ressentent des expériences spirituelles de l’ordre de la communication avec une réalité transcendante non discernable par le sens commun.

Les militants, qui se battent pour défendre (ou imposer) leurs idées et convictions propres ou celles de leur école de pensée.

Les extravagants, troublés et déboussolés par les circonstances néfastes dans leur système psychique.

Quelles sont vos préoccupations en ce qui concerne la chapelle ?

Notre préoccupation se base dans la création d’une culture de relation au sein de la chapelle. L’établissement et le renforcement de relations personnelles, ainsi que l’adoption d’une approche humaine et transparente, sont des facteurs déterminants pour atteindre notre objectif. L’approche personnelle et individualisée exige de placer les fidèles au centre de notre apostolat. Il existe aussi un puissant aspect émotionnel concernant les fidèles. On ne devient pas “fidèle” si on n’aime pas une institution particulière, si on ne la défend pas, si on n’est pas loyal envers elle.
Les limites territoriales des différentes communautés chrétiennes ne valent plus grand-chose aujourd’hui, puisque les gens sont beaucoup plus mobiles qu’autrefois.
Avant, les citoyens fréquentaient l’église qui se trouvait dans leur paroisse parce que tout se faisait dans un environnement restreint…, alors qu’aujourd’hui, les gens bougent de quartier en quartier pour le travail, la vie sociale, les activités sportives, etc. De même, ils peuvent habiter une paroisse et pratiquer leur foi dans une autre, simplement parce que la liturgie leur plaît ou l’heure des célébrations convient davantage à leur mode de vie.
ll faut toutefois reconnaître que le sentiment psychologique d’appartenance existe toujours chez de nombreux pratiquants de notre Chapelle.
Cette sensation implique une identification personnelle par référence au groupe, des attaches affectives, l’adoption de ses valeurs, de ses normes, de ses habitudes, le sentiment de solidarité avec ceux qui en font aussi partie. Plus un fidèle a un fort sentiment d’appartenance à la Chapelle, plus il a tendance à adopter les valeurs, les normes et les règles de conduite de ce groupe.

Le sentiment d’appartenance dépend de la qualité de la vie du milieu, des relations entre les personnes, de la « saveur » des activités offertes. Notre assemblée est invitée à être de « plus en plus vivante, missionnaire et évangélisatrice ». Si nous travaillons dans ce sens, le sentiment d’appartenance devrait se maintenir… et même aller en augmentant !
Notre objectif consiste à consolider les relations en renforçant leur sentiment d’appartenir à la “famille” carmélitaine, de façon que la fréquentation de notre chapelle imprime chez les fidèles un caractère d’appartenance, un signe distinctif.
La culture sociale de ces derniers temps est inséparable d’un souci exigeant de « recrutement » qui conduit à des méthodes modernes de gestion sans négliger pour autant le soin de la qualité. Bien au contraire.
Si une personne sait qu’elle peut trouver un prêtre Carme pour répondre à ses besoins, elle reviendra.
Réussir demande une bonne préparation, des nuits blanches, plein dévouement, de l’information avec un contenu visuel clair et agréable, l’utilisation de médias…

Comment concevez-vous votre rôle de « Recteur» de la Chapelle ?

Si l’homme est au sommet des espèces vivantes sur la planète, c’est grâce à ses facultés à opérer des choix stratégiques, anticiper les problèmes, prévoir les effets positifs ou négatifs de ses actions, à court et à long terme. Cette disposition nous amène à être efficace dans l’accomplissement de la tâche que Dieu nous a confiée. S’approcher le plus possible du professionnalisme sans être ni fonctionnaire ni salarié. Conduire n’est pas une position, mais un travail, un humble service pour Dieu et pour ses frères et soeurs. C’est une tâche ardue. Si on n’a pas un esprit clairvoyant sur ce point, on risque fort de devenir un tyran spirituel, un rigide, un tolérant ou un laxiste.

Nous sommes des conducteurs d’une assemblée : Cependant, cette idée exige de se défaire de l’image du conducteur de bus qui dirige son véhicule rempli de passagers passifs (défense de parler au conducteur !) Dans l’Église, les conducteurs sont ceux qui sont à la tête, donnent des impulsions, assument des responsabilités, etc., sans pour autant tout contrôler !

Notre rôle est moins de moraliser que de fédérer et de motiver.

Comment définiriez-vous cette communauté carmélitaine ?

Non-conventionnelle. Divergente de toute sorte de stéréotype classique.

Plusieurs paramètres entrent en ligne de compte. L’aspect maturité spirituelle de nous deux, l’aspect talent naturel et compétence dans un cadre qui exige maîtrise technique ; l’aspect disposition du travail, l’aspect environnement de travail, l’aspect satisfaction des fidèles…

En communauté nous cherchons à entretenir un véritable dialogue même si des vues personnelles apparaissent sur des points de détail.
Nous nous aidons à prendre des décisions et nous nous assurons que chacun de nous est au clair sus ses propres responsabilités en vue de mettre en chantier les actions décidées. Nous échangeons des conseils pondérés et équilibrés.

Nous reconnaissons que nous sommes différents, avec des dons uniques, des forces propres, et par conséquent un apport spécifique à la tâche commune. Chacun de nous sait qu’il remplit un rôle particulier ou apporte une contribution spécifique dans le processus de conduite : ce que l’apôtre Paul avait présent à l’esprit quand il parle du fonctionnement interne du “corps” de Christ. Dans ce corps unique, chaque membre est différent d’un autre, chaque membre est nécessaire pour assurer le fonctionnement équilibré de l’ensemble ; les différentes parties se complètent mutuellement et travaillent harmonieusement, dans leurs diverses fonctions, pour le bien commun (1 Cor. 12). Cette image du corps humain s’applique à tous les aspects de la vie d’église, y compris son administration.

En travaillant unis, nos dons et nos aptitudes vont naturellement se manifester dans la communauté. Gérer nos ressources humaines pour la bonne marche de l’administration de la chapelle. Nous sommes libres intérieurement ; autrement notre vie serait un enfer. Nos fondements sont une grande fraternité, du respect, beaucoup d’humour et une réelle autonomie structurelle.

La communauté est source de bonheur et d’épanouissement. Chez nous, le sens de la communauté joue un rôle d’accélérateur. Nous la percevons comme un espace de conseil, de soutien et de solidarité. La communauté religieuse se présente comme un airbag, plébiscitée par d’autres entités ecclésiales qui n’ont pas la chance d’y accéder. Cela prouve que la cellule de la communauté a encore une vertu exemplaire et qu’elle renvoie à un imaginaire rassurant, synonyme de bonheur.

Le périmètre de notre communauté n’est pas élargi ni élastique. On est deux. L’autorité du « Père Supérieur » est moins omniprésente. Nous sommes soucieux de nous ajuster à la personnalité de l’autre. Nous évitons les sources de conflit. La vie communautaire est comme faire des arts du cirque sur la corde raide : la seule possibilité pour survivre c’est de trouver des méthodes pour se rééquilibrer constamment.

Le P. Michel-Ange et moi ne pourrions pas envisager l’aventure l’un sans l’autre. Le bon équilibre ne tient pas dans le fait que nous formons une communauté des Carmes, mais dans le fait que nous sommes deux… Un plus un ne font pas deux, mais onze, en termes d’engagement…

Comment sont structurées vos liturgies ?

Possibilité d’une réforme liturgique ? Trop de textes à la messe ? Soyons lucides, les sciences de l’éducation nous le rappellent, notre capacité d’attention n’est pas extensible. (…)

De plus, le vocabulaire de certains textes semble venir parfois d’une autre planète. Comment appréhender les lectures de l’Ancien Testament sans connaître un minimum du contexte historique ? Or, et c’est une question, pensez-vous que beaucoup de personnes qui viennent à la messe le dimanche savent à quoi correspondent l’Exil…, qui est Melkisedek ? Combien de personnes sont abonnées à Prions en Église ou à Magnificat ? Combien de personnes assistent au cours de Formation Permanente des Laïcs ? Très, très peu ! Combien lisent la Bible ? Très, très peu ! Ne vivons pas dans l’illusion !

Il est relativement facile d’avoir de beaux discours, de belles paroles sur la foi. Mais c’est dans notre manière d’être, dans notre manière de faire que se transmet le plus de choses.

Les fidèles se retrouvent pour partager des moments de pratique religieuse. Le mouvement, le rythme, la mélodie, l’harmonie n’occupent pas la priorité dans leurs recherches spirituelles. L’enjeu est de taille car une énorme dose de sagesse est nécessaire sous l’influence du Saint Esprit.

Il serait une grande maladresse de concevoir simplement des liturgies homéopathiques applicables sans critère. Nous cherchons à répondre aux besoins et aux attentes des fidèles, à l’instar de Jésus qui demandait : « Que veux-tu que je fasse ?».

Nos prêches et nos prières s’inscrivent dans une “pertinence”, un lien concret avec les attentes des fidèles.

Les fidèles découvrent une façon alternative de célébrations liturgiques, dépouillées et essentielles, sans éloquences concentriques, dont la colonne vertébrale réside dans la sobriété de la Croix, seul élément qui interpelle nos esprits : « Les mains vides et le cœur rempli ». Notre chapelle contient deux énergies ultrapuisssants : le cœur des fidèles et la croix qui préside nos cérémonies.

Notre stratégie, c’est de parvenir, à présenter une foi épurée, sans décorum et pourtant très chaleureuse, dans une relation directe et individuelle à Dieu.

Notre but ne consiste pas à usurper la place aux producteurs de spectacles. La liturgie repose sur l’harmonie dans la recherche de la Vérité, le Bien et la Beauté en toute simplicité. Cela fera grandir notre vocation et notre passion… et la satisfaction des fidèles.

Le silence et la simplicité conduisent à l’essentiel, à la Source : Dieu. « Oh ! l’heureuse aventure » (St Jean de la Croix).

Reprenons les trois devises : Liturgiquement, sobre. Formellement, cohérent. Pastoralement, pondéré.

Des caméras peuvent filmer en direct les Offices et les mettre en ligne sur le site internet de la chapelle.

Quelle est l'ambiance topographique dans votre lieu de travail personnel ?

Mon bureau. On est en pleine science-fiction. Des écrans, de la technologie partout. La modernité est omniprésente. On a l’impression que d’ici le P. Jesús surveille le monde en permanence. Il y a dans ce bureau un côté big brother qui fait peur.

Les nouvelles technologies m’entourent. La consommation d’internet, des réseaux sociaux, des médias… C’est ma caisse de résonance. C’est un flux perpétuel sur lequel je me greffe.

Comment ressent-on la présence de Sainte Thérèse de Lisieux dans cette Chapelle ?

La Chapelle, tel un phare, indique une direction : comme le flux et le reflux de la mer, nombreux sont ceux qui passent le seuil de la Chapelle pour souffler, cueillir un peu de paix, y voir plus clair, puiser le courage de vivre et de repartir, confier aussi les petits enfants à Sainte Thérèse de Lisieux…

Une autre histoire de cette Chapelle s’écrit continuellement ; moins spectaculaire, mais aussi importante. C’est l’histoire secrète et mystérieuse qui touche précisément au secret et au mystère de ces centaines d’hommes et de femmes, qui pénètrent à l’intérieur de ce lieu de culte.
Cette histoire ne pourra jamais s’écrire. Il faudrait, pour ce faire, avoir le pouvoir de sonder les pensées et les cœurs !
Si nous savions ce que chaque lumignon représente pour ceux qui l’ont allumé en l’honneur de Sainte Thérèse…!

Que de surprises et de découvertes ! Que de prières secrètement formulées ! Que de désirs humblement exprimés ! Que de remerciements !
À l’évidence, en ce lieu, Thérèse noue de mystérieux rendez-vous avec ceux qui viennent la prier.

Thérèse, recueille-moi au seuil de cette petite Chapelle qui t’est dédiée. Me voici pour te dire merci avec quelques pauvres paroles et quelques images saisies dans le jeu de la lumière qui nous donne toujours quelque chose et nous révèle quelques secrets de notre histoire intérieure.
Grâce à toi, petite Thérèse, qui nous accompagnes dans le présent…, grâce à toi, je vis et je crois.

Comment se réalise l’approche avec vos fidèles ? Comment concevez-vous votre ministère parmi les fidèles ?

Nous recevons beaucoup de confidences. Dans cet exercice, il faut sans cesse renvoyer l’autre à sa liberté spirituelle et intérieure. Le prêtre est chargé de libérer les gens, de les remettre debout. Sinon, il n’a rien à faire là-dedans.
Nous cultivons la proximité et la souplesse. Nous accompagnons des gens dans leurs peines, dans leurs joies, dans leurs maladies, dans leur richesse, dans leur pauvreté, dans leur mariage et même dans leur divorce. Être présent physiquement et discrètement, surtout à la sacristie… Être prêt à l’écoute et irriguer tous les fidèles du message évangélique.

Nous cherchons à identifier les fidèles, connaître leurs désirs, leurs tendances… leurs attentes… Il faut traiter chaque fidèle selon des paramètres individuels.

Nous avons une dynamique personnelle en ce qui concerne notre rapport avec les fidèles : ils ont un visage, un nom, une famille et une histoire ; nous les connaissons et nous faisons avec eux un parcours partagé. Notre chapelle existe pour offrir les services essentiels de la vie chrétienne à nos fidèles.

Nous avons un cœur pastoral, c’est-à-dire un amour profond pour le peuple de Dieu et le désir de le servir (1 Pi 5.1-4). Le frère “pasteur” aime faire des visites ; il connaît le nom de la plupart des croyants dans l’assemblée (même le nom de leur chat !), et il est intéressé par tout ce qui les concerne et s’en rappelle. Il est la personne vers laquelle on se tourne naturellement dans les moments de crise familiale. Nous cherchons à activer les zones de leur coeur à l’origine des émotions. Nous ouvrons pour un apostolat d’engagement pour éveiller les regards, et émouvoir les consciences.

Reflétant le grand cœur du Bon Berger, nous nous rappelons constamment que chaque personne et chaque cas sont différents et dignes d’une attention particulière.

Nous ressentons profondément que Christ est le chef de l’Église et que nous devrions faire attention de ne pas le décevoir. Nous nous méfions instinctivement du changement ou de la nouveauté et nous considérons les dangers de chaque option envisagée. Pas de décisions rapides ou imprudentes. Si on connaît ses fidèles, tout devient plus facile à gérer.

N’oublions pas que le jour viendra où nous nous tiendrons devant Dieu pour lui rendre compte de la façon dont nous avons conduit son peuple (Héb 13.17). Nos familles, les croyants, les non-croyants, et la prochaine génération, bénéficieront de tous les progrès que nous pourrons réaliser. Il en vaut vraiment la peine.

Les personnes qui viennent demander nos services cherchent à synchroniser leurs sentiments avec des prêtres positifs. Ne jamais minimiser les battements du cœur des fidèles. Il faut que chaque église ressemble à ses fidèles. “Ici, les coeurs se réchauffent”, -nous dit-on souvent-.
L’amitié occupe une place centrale, espace de respiration salutaire ; se retrouver après les fonctions autour de passions communes : autant de parenthèses pour vivre pleinement l’instant présent. Tous ces moments où l’on se retrouve un verre à la main sans distance hiérarchique, en convivialité.

Exercer son ministère dans cette Chapelle des Carmes produit une émotion scientifiquement inexplicable.

Qui vous aide dans votre travail ?

Étant donné l’absence du « Conseil de paroisse », c’est à nous deux qu’incombe la mission de planifier et d’organiser. Il faut devenir « multitâche ».

Notre gestion est presque familiale. Faire des choix, prioriser, hiérarchiser, ce sont des actes simples et en même temps essentiels de la vie quotidienne.

Quelle faute êtes-vous facilement prêt à pardonner à vos fidèles ?

J’ai de l’empathie pour les comportements excessifs des gens hors du commun.

Quelle serait l'analyse formelle de l’assistance des fidèles ?

Circonstances désavantageuses de la Chapelle :

I. – À caractère diocésain :
Le fait que notre Chapelle ne soit pas considérée dans le rang de Paroisses, occasionne que :

a. Des fidèles, hypothétiquement de notre Chapelle -parents d’enfants en âge de catéchèse- sont conviés les dimanches à la Messe célébrée dans les paroisses, en vue de la préparation en groupe pour la réception des sacrements d’initiation. Sachant que chaque enfant, d’après la dynamique familiale, amène avec lui trois autres personnes, on peut évaluer facilement la quantité manquante sur une assistance envisageable.

b. N’ayant pas d’activités typiquement paroissiales qui mettent en circuit un grand nombre de personnes, notre contact personnel avec de possibles fidèles reste très limité.

c. N’ayant pas « l’homologation » diocésaine pour la célébration dans notre Chapelle des grandes fêtes sacramentelles (baptême, confirmation, mariage), ainsi que pour les obsèques, -cérémonies qui font converger dans l’église un important nombre de personnes-, le rôle de la Chapelle sera toujours amputé, et la possibilité d’afficher notre présence et d’établir un rapport avec ces gens sera imparfaite.

II. -Emplacement : La situation de notre Chapelle dans « le périmètre externe » de la Principauté est contraire aux habitudes psychologiques des gens, qui, par méthode, les dimanches ont tendance à se déplacer vers le centre-ville.

III. -Chapelle en « format de poche ».

Circonstances avantageuses :

On constate que le nombre de fidèles est en légère augmentation.
La chapelle actuelle, est située dans un quartier grandissant de la Principauté de Monaco. La construction de nouveaux immeubles d’habitation dans le même quartier (quartier est) remonte au dernier quart du siècle dernier. Ce fait, qui originairement se traduisait par une augmentation conséquente de fidèles, ne comporte pas actuellement une coulée massive de nouveaux arrivants vers la Chapelle, surtout connaissant l’origine religieuse et géographique de ces habitants récemment venus.

Cette chapelle des Carmes signifie un point de référence pour tout ce quartier :

– L’arrêt de l’autobus sur le Bd d’Italie : « Arrêt des Carmes ».
– La chapelle : « Chapelle des Carmes ».
– L’école : « École des Carmes ».
– L’immeuble sur la Voie Rapide : « Les Carmes ».
– L’arrêt de l’autobus sur le bord de mer : « Arrêt Inférieur des Carmes » (même si ce nom a été modifié en 2014).

Cela veut dire que cette Chapelle et la présence de la communauté de religieux configure le style du quartier.
L’emplacement de la Chapelle, dont le parvis est passage obligé pour un important segment de la population se rendant à d’autres niveaux orographiques de la Principauté (école, plage, boulevard maritime, zone haute de Monaco) peut constituer un appel visuel, une curiosité et, dans certains cas, un appel.

Circonstances neutres :

I. -La structure intérieure de la Chapelle, dépouillée et précise, sans « fioriture » dans ses éléments architecturaux, sans accessoires excessifs qui pourraient surcharger et produire confusion et distractions. Seulement la croix est proposée à la vue et au cœur des fidèles. Il s’agit d’une spécificité de la Chapelle qui plaît à certaines sensibilités désireuses de se nourrir de l’essentiel dans leur vie spirituelle.

II. -Dimensions : Donner de la « perspective » à son activité devient impossible. Nos activités sont limitées par l’espace volumétrique de la Chapelle. Nous ne disposons pas d’une grande marge de manœuvre dans la créativité.

Nous fourmillons d’idées pour notre chapelle, mais c’est impossible de transformer un conditionnel (s’il y avait de la place…) en un futur simple (je ferai…)

Comment les Pères Carmes sont-ils perçus par le Gouvernement monégasque ?

Nous sommes une entité sans aucune base juridique. Les conditions de notre séjour à Monaco surnagent dans le flou d’une tolérance contrôlée. Je souligne le mot « tolérance », parce qu’on nous a bien répété qu’on fermait simplement les yeux sur notre situation actuelle. Cette circonstance n’apparaît nulle part écrite sur aucun document, afin que nous ne puissions même pas nous prévaloir d’une tolérance donnée par écrit…

Comment gérez-vous le groupe des enfants de chœur ?

Ils ne sont pas organisés comme institution officielle dans notre Chapelle. Leur présence se doit à l’initiative personnelle ou familiale, sans aucune structure hiérarchisée formelle. La participation des enfants se réalise dans une marge contrôlée d’improvisation où leur spontanéité est respectée, évitant l’uniformité et le « militarisme » rigide qui nuirait à l’expression de leurs sentiments.

Comme réaction “a posteriori” les garçons et les filles qui ont participé au service de la Messe continuent leur pratique religieuse dans la Chapelle, en tant que adolescents et jeunes adultes, confirmant ainsi leur attachement indéfectible aux Pères Carmes.

En ce qui concerne l'âge des fidèles...

Depuis 2010, lors de la fête de Sainte Thérèse de Lisieux, un hommage est rendu, à la fin de la Messe, aux couples fidèles de la Chapelle qui ont rejoint les noces d’or de leur mariage. Dans ce milieu social atypique dont la moyenne d’âge est élevée, ces couples forment un noyau très respecté qui suscite admiration et curiosité. Nous les entourons de notre sympathie et de notre reconnaissance.

Voici les noms de quelques couples qui font partie de ce cercle et qui ont été mis à l’honneur depuis l’année 1999 :

Magda et Enrico Braggiotti
Antonietta et Carlo Ravano
Santa et Ferruccio Fiorucci
Mr et Mme Gabrie Longo
Mr et Mme Grinda
Mr et Mme Hintermann
Mr et Mme Théo Dams
Mr et Mme Francis Boisson
Mr et Mme Lanfredi
Mr et Mme Lorenzi
Luisa et Vittorio Della Valle
Mr et Mme Della Valle-Capitolo
Mr et Mme Fenarolli
Jeannette et Aloïs Jurt
Gabi et Antoine Molin
Monique et José Curau
Carmen et Francisco d’Aurella
Mr et Mme Crugnola
Mr et Mme Delicata
Mr et Mme Sertorio
Giusepina et Giovanni Olivares
Mr et Mme Marcel Bize-Leroy
Bertrand Fernand et Odile
Mr et Mme Casalone
Mr et Mme Grossoli Carteri
Mr et Mme Del Porto François et Anna
Mr et Mme François Delaye
Mr et Mme François Gorra
Fruebeck, Guillermo et María
Javier et Mme Otaduy
Mr et Mme Dumans
Gherarducci, Enzo et Rori
Leduc, Paulette et Marcel
Orlando, Salvador et Mariolina
Principale, Paule et Max
Mr et Mme René Vascellari
Vezzani, Piero et Ermine
Mr et Mme Wahba, Halim
Mr et Mme Wullems, Charles
José et Jane d’Amico

Notre assemblée est composée par des fidèles fiers d’afficher la moyenne d’âge la plus élevée par mètre carré parmi toutes les communautés chrétiennes monégasques.

Cet élément d’information, formellement bien argumenté, fait face à un complément plus réaliste qui concerne ces dernières années (après l’année 2000). Cette date représente l’année de l’éclosion de nombreuses jeunes familles, surtout italiennes, qui ont commencé à fréquenter notre chapelle, rajeunissant notre assemblée. Ces familles, soucieuses de l’éducation et de la formation de leurs enfants dans les principes religieux (deux ou plus d’enfants pour la plupart des couples), rejoignent notre communauté, conférant à l’assemblée un caractère plus dynamique, plus familial, plus festif et hautement coloré. Tous ces enfants ont nourri les rangs de serveurs de Messe :

Malferrari, Limiti, Cominelli, Cavagna-Boris, Marzocco, Picozzi, Colombo, Gandolfo, Caumont-Caimi, Gianoli, Ravano, Burani, Pelizzoli-Caramello, Lombardi-Graglia, Miani, Manni, Gison, Kerwat, Piatti Rocco, Dinola, Bonomelli, Colantuoni Sanvenero, De Luca, Ugrin… et les nombreuses familles portugaises.

Pas paroisse, pas d’enfants, pas d’activités paroissiales, pas de groupes de collaborateurs…Avez-vous un plus pour attirer les gens ?

À travers notre rayonnement. À travers les nouvelles technologies : la e-communication fonctionne. À travers les rapports humains qui, eux, sont primordiaux.

Avant les prêtres étaient présents à temps complet. Maintenant on court le risque de mettre en première ligne des gens de l’ombre dans les lieux d’accueil. Eux mêmes mettent des gérants qui, eux mêmes, mettent des directeurs. Tous ces gens, pour faire ce que le prêtre faisait auparavant : le contact avec les fidèles.

Cela demande beaucoup plus de compétences. Avant il suffisait d’avoir une forte personnalité. Actuellement il est nécessaire de maîtriser tous les secrets, les techniques et le dynamisme du contact humain.

Chaque église est comme un ciel étoilé dans l’ensemble d’une constellation dans ce grand univers diocésain. Chaque église doit disposer de ses orbites et de ses planètes qui tournent autour et qui sont liées par ses propres normes d’attraction.
En ce qui concerne la « fidélisation de nos fidèles », notre désir vise à attirer de nouvelles personnes et à accroître la qualité de notre service. Si l’augmentation du nombre de fidèles est un but évident, il est également important d’accroître la proportion de leur satisfaction. Offrir un plus c’est la base de la fidélisation et un impératif absolu si nous voulons être crédibles et perçus comme dignes de confiance et d’intérêt.

Une réflexion est l’élément essentiel qui précède et conduit à une stratégie en vue d’atteindre un objectif.

Dans quelle ambiance sont vécues les grandes fêtes du Carmel ?

Depuis la présence des carmes espagnols à Monaco, des cérémonies en l’honneur de Sainte Thérèse d’Avila et de Saint Jean de la Croix ont été célébrées solennellement. L’habitude était d’inviter à chacune des fêtes, avec Mgr Abelé, une partie du clergé, en alternance. La Messe, suivie d’un dîner, signifiait l’hommage de l’Église de Monaco aux deux saints patrons du Carmel. Des prédicateurs Carmes français, venus pour l’occasion et reconnus par leur maîtrise de la spiritualité carmélitaine, éclairaient la doctrine des deux saints.

Dans les années ’80 cette pratique tomba en désuétude, remplacée par des cérémonies plus sobres, célébrées dans l’intimité avec les fidèles qui étaient déjà initiés dans l’élan du Carmel.

Pendant les quatre ans et demi d’existence de la chapelle provisoire (1998-2002) toutes les célébrations carmélitaines ont été sauvegardées en sourdine dû au manque absolu d’un espace physique apte à solenniser l’événement. Avec le P. Michel-Ange, en ce moment-là en Espagne et qui nous accompagnait le mois de septembre, nous avons vécu avec les moyens du bord et les fêtes de Sainte Thérèse de Lisieux. C’est lui qui présidait la cérémonie.

Depuis les années 2002, dans la Chapelle nouvelle, un nouveau cycle s’ouvrait. Avec les P. Michel-Ange, Víctor et Jesús le moment était venu de relancer nos fêtes du Carmel. Une importance spéciale a été conférée à la fête de N.D. du Mont-Carmel, le 16 juillet, malgré les inconvénients du calendrier inhérent à cette date. L’imposition du Scapulaire est très appréciée par les âmes désireuses d’accueillir la protection de la Vierge.

L’explication de sa signification, une introduction à l’histoire du Carmel et un aperçu de notre spiritualité sont proposés aux fidèles au moyen de la parole et des supports visuels. Cette solennité prend de l’ampleur dans le rythme de la Chapelle dans la première partie du temps estival…, l’Assomption étant la fête mariale de la deuxième partie de l’été.

Sainte Thérèse de Lisieux rayonne en sa fête, célébrée au niveau diocésain, dans notre Chapelle. La date la plus attendue par les fidèles amoureux de la Petite Sainte.

À mon arrivée, en 1979, plusieurs personnes avaient encore dans leur esprit le souvenir du processus de canonisation de Thérèse qui est toujours restée la sainte préférée des cœurs des français.

Une revue annuelle élaborée par nos soins, débordant de texte et d’images pertinentes parcourant la vie, la doctrine et l’actualité de Sainte Thérèse de Lisieux, est offerte à chaque personne comme support à une meilleure connaissance de la Sainte.

La Chapelle dispose-t-elle d’une chorale ?

« Les premières notes s’échappent du piano, les baguettes s’abattent sur la batterie ; devant la scène, les corps se balancent, les mains scandent le rythme et les yeux commencent à suivre les paroles à l’écran… » On s’est trompé. Ce n’est pas notre chapelle…

Nous avons trouvé des vestiges, à travers quelques documents graphiques qui datent des années 1960, au temps des Carmes français, de l’existence d’une chorale féminine, composée de 8 membres, dans la Chapelle.

Sous l’égide du P. Felipe Zuazúa, aumônier au Collège de « L’Annonciade », quelques initiatives avaient vu le jour au milieu des années ’70. Les frères Dumans -Étienne et Antoine- à l’orgue et à la guitare, avec d’autres camarades de classe, accompagnaient les chants à la Messe dominicale des Carmes à 11h.

La formation d’une chorale n’apparaît pas comme une priorité ni comme une possibilité envisageable. La participation spontanée de l’ensemble des fidèles dans les parties chantées de la Messe constitue une valeur éprouvée, loin du spectaculaire et de l’innovation effrénée. D’après le caractère de la Chapelle, un répertoire traditionnel, bien rodé, stable et assimilé devient la seule stratégie judicieuse dans des situations liturgiques comme la nôtre où d’ailleurs la langue d’origine d’une partie prépondérante de l’assemblée ne correspond pas à la langue locale.

Avez-vous vécu des moments critiques à Monaco ?

Au moment de la démolition de la première Église (1998), de faux prophètes, trahissant la destinée d’un projet futur sous la forme d’une sombre prédiction, vaticinaient la mort prématurée de notre assemblée et la disparition des Carmes à Monaco tellement la fatalité et des années de détresse et tribulation s’abattraient sur eux.

Parallèlement, d’autres institutions ont aussi été vouées à la extinction par l’imaginaire populaire : la monarchie, l´État d’Israël, l’énergie nucléaire, la démocratie, le terrorisme, le capitalisme, le communisme, la Communauté Européenne, le racisme, la torture, le commerce de proximité, la religion, la famille, le mariage, l’euro…; des institutions qui perdurent encore. Parfois, abondent les personnes qui ont une tendance marquée à se tromper…

Également dans notre cas, les couleurs des circonstances présentes en ce moment-là n’ont pas été capables de deviner l’avenir. Les présages et les pronostics nihilistes sont restés lettre morte.

Quels sont vos moyens de subsistance ?

La chapelle repose exclusivement sur la participation des fidèles : quête, messes, troncs et dons ponctuels.
J’insiste sur la transparence des comptes, consultables, sous demande, dans le site web de la chapelle.

Une chapelle où abonde la richesse ?

Que signifie être riche aujourd’hui ? La question est simple. Pas la réponse. Si l’on en croit le Larousse, est riche celui qui “possède de l’argent, de la fortune, des biens importants”. Au-delà de cette vague définition, il existe quand même certaines indications.

Si vous aimez ce que vous faites, vous allez vouloir faire de mieux en mieux. Tous les discours autour de l’idée de faire le pas supplémentaire, de donner le meilleur de soi et d’être pro-actif n’ont aucun sens si vous n’aimez pas votre travail.

C’est ainsi qu’il faut être riche de passion : Seule la passion fera de vous un religieux Carme aguerri. Seule la passion vous rendra riche.

Riche en motivation : l’énergie que vous adorez dépenser, va vous permettre d’atteindre un état de satisfaction favorable à votre épanouissement.

Riche en discrétion : mon attitude qui veille à ne pas gêner les autres, à ne pas m’imposer ; à avoir du retenu ; à avoir de la considération pour les autres ; à être réservé ; à avoir du tact.

Je suis riche en succès, en déceptions et coups d’éclat. Je suis riche en échecs, aussi.

À cette connotation malveillante que quelques personnes cupides nous collent à la peau il faudrait répondre par une question : faut-il savoir de quelle richesse on parle. Il y en a deux types : la richesse de revenus et la richesse de patrimoine. Nous n’avons ni l’une ni l’autre. Justement le contraire.

Une chapelle où règne l'abondance ?

Je vous réponds affirmativement à cette question et je vous confirme solennellement que nous nageons dans l’abondance.

Oui, nous sommes dans l’abondance en ce qui concerne le nombre d’heures de sommeil sacrifiées pour améliorer la qualité de services proposés par la chapelle.

Nous sommes dans l’abondance en ce qui concerne l’intensité soutenue de nos efforts pour faire avancer notre chapelle, malgré le manque de moyens.

Nous sommes dans l’abondance du temps passé devant l’écran dans la création de bulletins d’information, de feuilles liturgiques, des revues, d’affiches…

Nous sommes dans l’abondance dans la quantité de copies laser produites chaque jour pour les fidèles.

Nous sommes dans l’abondance des heures consacrées aux personnes en détresse ou en déséquilibre qui font recours à nous comme leur dernier refuge… …Dans l’abondance de traiter avec de vraies personnes, des blessées, des frustrées, des fatiguées, des vulnérables.

Nous sommes dans l’abondance dans les coups de téléphone reçus à des heures intempestives par des personnes déroutées par la vie.

Nous sommes dans l’abondance en quantité d’énergie déployée pour canaliser nos connaissances, nos aspirations et nos projets, impossibles à réaliser dans l’exiguïté volumétrique de notre chapelle.

Nous sommes dans l’abondance de désagréments causés par une sacristie et un bureau d’accueil lilliputiens, inconcevables et complètement inappropriés pour une église de construction récente.

 

Et nous vous assurons que cette réponse n’est ni cynique ni acerbe…

Je corrobore encore. L’histoire de notre chapelle parle par elle-même sur la protection particulière et la sur-abondance de grâces reçues du Seigneur dans ses moments les plus inquiétants.

Nous sommes dans l’abondance de joie et comblés constatant que les fidèles reconnaissent et apprécient notre attitude.

Je suis dans l’abondance de satisfaction quand les fidèles ont compris l’importance de l’enjeu : ils sont indispensables et irremplaçables pour nous…

Quels conseils pratiques donneriez-vous aux fidèles ?

Notre chapelle se veut une grande famille. Je vous encourage à ne pas hésiter de faire connaître votre besoin, votre sujet de prière, même votre fatigue ou détresse. Cela peut tous nous atteindre un jour ! Soyons solidaires dans l’amour fraternel.

Si nous pouvons vous appeler ou vous visiter, nous le ferons. Dans le cas contraire, si nous ne pouvons pas intervenir, il y a la prière fervente des justes, c’est notre force invisible ! Dieu n’est pas sourd et Il répond en rejoignant la personne qui invoque son nom.

Il y a le mur de prière de notre site internet. Utilisez ce moyen très utile qui nous connecte ensemble dans un esprit de prière. Il y a également les troncs au fond de la chapelle dans laquelle vous pouvez à tout moment déposer votre sujet de prière.

Comment pourriez-vous définir la Chapelle ?

N’ayant pas une structure rigide comme institution paroissiale on pourrait la qualifier comme « asymétrique et non-conventionnelle », gérée par d’autres barèmes plus subtils et adaptables.

Une autre définition serait celle de  « retro-futuriste » : un alliage, dans le sentiment et dans la conception du phénomène religieux, des styles classiques du passé et des attentes plus actuelles, ce qui crée une fusion harmonieuse d’éléments à la fois passés, présents et futurs.

Chaque église a son ADN spécifique qu’il faut développer. On ne peut pas copier ce qui est fait ailleurs. Les codes ne son pas les mêmes entre les différentes églises. Quelqu’un qui copie ou improvise a très peu de chances de réussir.

Les codes de notre Chapelle sont très simples :

  1. Regarder la croix.
  2. Laisser parler son cœur.
  3. Ressentir la présence de Dieu en nous et dans l’assemblée.
  4. Se sentir aimé par le Seigneur.
  5. Savoir que le prêtre regarde personnellement chaque fidèle.
  6. Se considérer frères.

Que pensez-vous du mariage traditionnel ?

Sur un moment de passion, la fascination du rêve est plus forte que le calcul du risque. Mais une fois que la décision est prise, on se trouve devant l’impossibilité de prendre en charge les facteurs de risque modifiables ou impondérables ; et les mécanismes des probabilités, les pourcentages mathématiques et la loi de la statistique ne tardent pas longtemps à s’imposer.

Pouvez-vous nos parler de votre pastorale vocationnelle ?

Voilà une de nos plus lacerantes déceptions. Il est indispensable, pour comprendre la crise des vocations, de la situer dans le contexte concret de Monaco… Ni les Franciscains, ni les Frères des Écoles Chrétiennes, ni la Communauté des Sœurs de Saint Maur ont réussi à trouver la formule convenable pour attirer de nouvelles vocations, tout en ayant un collège d’enseignement et de formation religieuse.

Ni les Carmes, ni les Jésuites, en se basant sur une évaluation plus limitée des ressources et possibilités réelles, ont trouvé la manière de susciter et de drainer vers eux des jeunes aspirant au sacerdoce.

Nous rencontrons souvent des jeunes adultes qui nous interpellent sur notre mode de vie. Nous les accueillons avec chaleur et ouverture en sachant que les vocations iront là où les communautés ont un visage assez clair, une identité précise, qui puisse attirer et donner sens à une vie.

Nous soutenons, depuis des années, les jeunes qui s’interrogent sur une possible vocation. À l’heure actuelle, il faut beaucoup plus de temps pour choisir sa voie et mûrir une décision ferme. Sans doute, nous faut-il prendre des initiatives variées pour accompagner, de manière personnalisée, les personnes qui se demandent comment discerner un éventuel appel de Dieu.

Parler, car tout ce qui est humain passe par la parole et ce qui ne se parle pas finit par dépérir. Il est important d’oser parler des vocations et y appeler, dans le respect de la liberté de conscience. Désormais ce souci deviendra pour notre communauté des Carmes une priorité.

Taux de natalité entre couples catholiques dans les pays européens : 1,2. Si la famille véhicule la transmission de la foi, et les berceaux sont vides, la pratique religieuse dans nos églises suivra la même tendance, ainsi que les vocations.

Il nous faut réfléchir et retrouver confiance, sans être ni culpabilisés ni prétentieux. Pour analyser une crise, le demi-siècle est l’unité de temps pertinente. Ensuite, on verra.

Concrètement, il ne nous reste que la prière. Prier, car le Saint-Esprit n’a déserté ni l’Église ni notre monde.

Dans combien de pays les Pères Carmes sont-ils implantés et lesquels ?

Si on se base sur le nombre de membres du Carmel, nous nous trouvons à la douzième place entre les 350 familles religieuses de l’Église Universelle. Ces Ordres sont consacrés à la prière, à l’éducation, au soin des malades… contemplatifs, mendiants, apostoliques, ordres centenaires et jeunes... En ce qui concerne l’expansion géographique du Carmel il faut dire que l’Ordre des Carmes Déchaux est aujourd’hui implanté dans les cinq continents. Cet Ordre religieux établi au milieu du XVIe siècle, est né d’une réforme de l’Ordre du Carmel. Cette réforme fut d’abord appliquée à des couvents de femmes par sainte Thérèse d’Ávila en 1562. Ensuite la réformatrice, secondée par saint Jean de la Croix, l’introduisit dans les couvents d’hommes. Un des signes de la Réforme de sainte Thérèse d’Ávila était que les Carmes allaient pieds nus dans des sandales (d’où leur nom).

Évolution des effectifs au cours de l’histoire

La réforme est lancée en 1562 avec un premier couvent. En 1582 (à la mort de sainte Thérèse d’Avila), on compte en Espagne, 16 monastères de moniales et 17 couvents de religieux. En 1591, ce sont 24 couvents de carmélites totalisant 200 religieuses, et 33 couvents de frères carmes rassemblant 300 frères déchaux, tous répartis en Espagne et au Portugal. À la fin du XVIe siècle les couvents de Carmes et Carmélites déchaux sont limités à l’Espagne, plus deux en Italie (Rome et Gênes). En 1635, 22 couvents ont été fondés en France, et au milieu du XVIIe siècle, l’Italie compte six provinces, la France cinq, auxquelles s’ajoute une province d’Allemagne-Autriche qui sera scindée en deux au début du siècle suivant.

À la fin du XVIIe siècle, l’ordre des déchaux (séparé des Grands Carmes) compte une vingtaine de provinces et presque 8 000 religieux. En France, de 1766 et 1780, la “Commission des réguliers” enregistrait 79 couvents de Carmes déchaux totalisant 750 religieux (autres chiffres sur une autre source : en 1765 on ne compterait plus que 600 Carmes déchaux en France, répartis dans 60 couvents (environ). En 1790, le recensement des religieux réalisé par la Constituante ne donne plus que 425 Carmes déchaux. Les Carmélites, à la veille de la Révolution sont un peu plus de 1 700, réparties dans 74 couvents. En 1804, après la dissolution et la disparition de tous les couvents, 25 couvents de Carmélites sont rouverts. En 1850, il y a 72 couvents de Carmélites en France et 132 en 1901.

En 1961, l’ordre comptait (dans le monde entier) 4 200 carmes répartis dans 28 provinces et 382 couvents, ainsi que 15 000 réparties dans 727 monastères (sur les 5 continents). À ces chiffres, s’ajoutent 63 congrégations religieuses rattachées à l’ordre des carmes déchaux, ainsi que 2 instituts séculiers (instituts composés de laïcs).

En 1994, en France, on comptait 113 couvents avec environ 2 000 moniales et, en 2013, le nombre de monastères de Carmélites est porté à 85 (plus deux en Suisse francophone). En Espagne, on compte deux provinces et 149 couvents de Carmélites. La zone « Grande-Bretagne/Irlande » est érigée en province en 1929. Les États-Unis comptent trois provinces et 64 couvents. En Australie, on compte plusieurs couvents de Carmélites et deux de Carmes.

En France, le Carmel de Pontoise, fondé en 1605, est le plus ancien Carmel de Carmélites déchaussées à être toujours en activité.

87 pays où les Carmes sont présents

  • Albanie
  • Argentine
  • Australie
  • Bangladesh
  • Belgique
  • Bielorussie
  • Bolivie
  • Bosnie Herzégovine
  • Brésil
  • Bulgarie
  • Burkina Faso
  • Burundi
  • Cameroun
  • Canada
  • République Tchèque
  • Chili
  • Colombie
  • République du Congo
  • République Démocratique du Congo
  • Côte d’Ivoire
  • Costa Rica
  • Croatie
  • Cuba
  • Allemagne
  • Équateur
  • Egypte
  • Le Salvador
  • Angleterre
  • Espagne
  • France & DOM TOM
  • Guatemala
  • Honduras
  • Inde
  • Indonésie
  • Irak
  • Irlande
  • Irlande du Nord
  • Israël
  • Italia
  • Japon
  • Kenya
  • Corée du Sud
  • Lettonie
  • Libano
  • Madagascar
  • Hongrie
  • Malaisie
  • Malawi
  • Malte
  • Mauritius
  • Mexique
  • Monaco
  • Monténégro
  • Hollande
  • Nicaragua
  • Nigeria
  • Autriche
  • Panama
  • Paraguay
  • Pérou
  • Philippines
  • Pologne
  • Portugal
  • Porto Rico
  • République Centrafricaine
  • République Dominicaine
  • Roumanie
  • Russie
  • Rwanda
  • Sénégal
  • Serbie
  • Seychelles
  • Singapour
  • Slovénie
  • Afrique du Sud
  • Suisse
  • Suède
  • Taïwan
  • Tanzanie
  • Thaïlande
  • Togo
  • Etats-Unis
  • Ouganda
  • Ukraine
  • Uruguay
  • Venezuela
  • Vietnam
  • Zambie

Quel est le souvenir le plus émouvant que vous gardez de Monaco ?

Au temps de la chapelle préfabriquée (1998-2002). À côté de la sacristie, entre deux murs, une surface vague déguisée en “jardin” -ironique- composé de deux bancs (il fallait être en pleine condition physique pour arriver à se placer dessus) et un parasol cloué sur une table ; le tout sur une surface de 5m2 mal disposés. (On peut encore deviner parfaitement ce lieu malgré les travaux faits dans le temps).

Cet endroit de rencontres amicales reste pour moi un lieu providentiel où les quelques fidèles qui le fréquentaient ont ressenti un sursaut de complicité et fraternité avec les Carmes. On a vécu des moments magiques. Jamais un espace si minuscule n’a été tellement précieux à Monaco.

Quel est l’évènement qui vous a le plus déstabilisé ?

La démolition de la première église en 1998. Cela ne laisse pas indemne.

Vous aviez aussi eu des soucis… Que vous ont-t-ils apporté personnellement ?

L’histoire est, par essence, tragique. Dans le calcul de plaisirs et de peines il faut insérer le drame et la douleur dans la trame de nos jours, tirer un jus positif du malheur ; relativiser, chercher son prototype de satisfaction.

Mesurer le bonheur ou le malheur relève d’une chimère de l’imagination. Être heureux c’est une question de volonté, d’apprentissage et de recettes à appliquer.

Que pouvez-vous apporter au diocèse ?

Des choses très vivantes se passent dans la chapelle. Les Carmes desservants de la chapelle sont d’une grande liberté intérieure, parce que c’est ça, ou leur vie serait un purgatoire. On rencontre dans la communauté religieuse une réelle autonomie structurelle ; et chez les fidèles une grande fraternité, du respect, et beaucoup d’humour.

Quelques souvenirs, quelques plaintes, quelques regrets au sujet de la démolition de la première Église ?

Démolition = Déconstruction (comme diraient certains directeurs des travaux à Monaco). Cynique ?
Nietzsche : “Tout ce qui ne tue pas, rend plus fort”.
Parfois la ténacité est capable de modifier le cours de la destinée.

Comment expliquez-vous le fait qu’il a fallu attendre jusqu’aujourd’hui (2018) pour qu’un site web des Carmes voie le jour ?

Il y a eu de nombreuses initiatives dans ce sens. Déjà en 1995 nous avions un site internet pionnier à Monaco, basé sur le service d’hébergement gratuit Multimania qui proposait en échange un web intégrant de la publicité au sein de ses pages. Ensuite Lycos prenait la relève comme lieu d’hébergement. À ce moment-là notre site était conçu plutôt comme un lieu d’information privée dans le cercle carmélitain international.

Mais c’est maintenant en effet que la première grande synthèse de l’information publique sur internet prend pour nous une forme professionnelle. Parce que d’abord il nous a fallu du temps pour que des connaissances mécaniques et historiques s’accumulent ; et ensuite, en terme mémoriel, le temps n’était  venu pour avoir une relecture apaisée et une vision globale de notre situation à faire connaître officiellement et ouvertement au monde.

Quels sont les aspects concrets, les exigences, les difficultés et les bonheurs de votre vie communautaire ?

Cela nous ramène à la fraternité en communauté. Il n’est pas aisé de parler de la fraternité, car elle suscite chez ceux qui la vivent de l’intérieur, et chez ceux qui l’observent de l’extérieur, des jugements variés, contrastés, qui appellent bien des nuances et qui sont forcément limités.

Il arrive qu’on nous dise : « Vous avez de la chance, la solidarité qui vous relie vous épargne l’insécurité et le souci du lendemain. Dans l’épreuve et la maladie vous n’êtes jamais seuls. ». Nous sommes bien conscientes de ces avantages que beaucoup peuvent nous envier.

D’autres soulignent : « Vous n’avez pas choisi la facilité. Comment faites-vous pour vivre et durer ensemble alors que vous ne vous êtes pas choisis ? » De fait nous ne nous sommes pas choisis, mais nous croyons que le Seigneur a lui-même choisi les pierres vivantes qui constituent l’édifice et qui donnent à chaque communauté sa physionomie particulière. Et c’est de Lui que vient l’amour qui en assure la solidité, en dépit de tout ce qui la menace.

Bien sûr, la fraternité n’est pas le monopole des religieux ; elle concerne l’Église en sa totalité. D’ailleurs, en France, la devise nationale y convoque tous les citoyens sans exception. Pour nous, disciples de Jésus, l’appel du Maître est pressant : « Ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres », et nous savons que les premiers chrétiens l’ont pris au sérieux au point de susciter l’étonnement admiratif.

Cette fraternité se réalise grâce à l’amour mutuel de ceux qui composent la communauté, amour nourri par la Parole et par l’Eucharistie, purifié par le sacrement de la réconciliation, soutenu par la prière.

Une communauté de carmes, comme la nôtre -même si elle toute petite-, c’est un groupe de religieux réunis par un même appel au travail, au dévouement et à la responsabilité dans le service ecclésial qui lui a été confié ; le tout basé sur la prière, le témoignage et la cohérence de vie. Faire partie d’une communauté des carmes c’est vivre dans l’harmonie, dans un climat d’action et de silence, dans une communion fraternelle qui a pour centre l’amour du Seigneur et l’amour des autres. La principale norme qui définit une communauté de religieux carmes c’est la charité fraternelle et une généreuse abnégation envers les fidèles.

Notre mode vie tend à favoriser ce que Sainte Thérèse d’Avila désirait ardemment en parlant des carmélites : « Ici toutes doivent être amies, toutes doivent s’aimer, toutes doivent se vouloir du bien, toutes doivent s’aider. » Comment ne pas être enthousiasmés par ces mots qui laissent entrevoir le grand bonheur du vivre-ensemble ?

Le désir de relations harmonieuses nous habite, car la vie fraternelle en communauté procure de très grandes joies, elle élargit le cœur de qui accepte d’y mettre le prix. Ce dernier point ne peut être passé sous silence : la vie fraternelle en effet met à l’épreuve ; et elle met au travail.

  1. La vie communautaire met à l’épreuve, car il est rude de découvrir en soi autant que chez l’autre, combien l’humain est limité et fragile. Plus rude encore c’est de s’apercevoir que la rencontre de l’autre peut devenir difficile, car la différence étonne, dérange…; parfois déstabilise. Plutôt que de risquer l’accueil, on pourrait se protéger faussement dans une indifférence polie sans faire de bruit… Mais cela ne serait pas le bon reflex. Il nous faut toujours veiller lucidement sur nos motivations et sur les sentiments que nous portons en nous si nous voulons que notre communauté soit « un ciel », comme le disait Sainte Thérèse d’Avila.
  2. La vie communautaire nous met au travail. Jésus a prêché la fraternité d’une manière toute particulière, avec des paroles et des gestes. La fraternité se fait alors courageuse, elle n’est pas un rêve ni seulement une valeur morale ; elle est liée aux actes de la vie ordinaire, au combat de chacun dans la rencontre interpersonnelle de tous les jours.

Dans la vie communautaire l’accueil de l’autre doit être sans cesse renouvelé. Chaque personne est toujours partiellement inconnue, elle est un monde à elle seule ; elle porte son mystère, parfois elle déconcerte. C’est la générosité gratuite qui mène chacun de nous deux à la joie, et ceci au bénéfice de soi-même, de l’autre et de l’ensemble.

Dans votre vie quotidienne, êtes-vous confronté à des situations insolites ou inhabituelles ?

Il arrive parfois que des fidèles, même sans calculer les différents fuseaux horaires, nous téléphonent des aéroports de Singapour, de l’Argentine, du Canada… pour nous annoncer leur arrivée « imminente » à Monaco et leur désir de nous rencontrer aussitôt pour partager leur vécu et se ressourcer à nos côtés. Souvent ils sont déjà réservé le restaurant…

Nous pouvons nous trouver également en face d’autres personnes, en principe sans liaison à notre chapelle, qui traversent une situation instable, que ce soit du point de vue spirituel, émotionnel, familial ou social… Dans leur exigence ou naïveté ils voudraient recevoir de nous un service personnalisé, sur mesure, rapide, à la carte et efficace. Mais fréquemment dans ces cas, l’intervention demandée ne relève pas de nos ressorts.

Si la première approche avec les prêtres est d’une importance capitale dans la création d’une ambiance de confiance et de sécurité, comment organisez-vous l’accueil dans la chapelle ?

Dans notre chapelle, nous n’avons ni comité ni association qui s’occuperait de l’accueil des personnes qui viennent vers nous. C’est nous, les deux carmes, qui l’organisons. Cependant, la réalisation pratique de l’accueil serait impossible sans certaines personnes qui permettent, silencieusement et secrètement, sa réalisation et son succès.

Le cœur résonne de joie quand on pense au lien ancien et profond qui existe entre les Carmes de Monaco et les fidèles de notre chapelle. Liens qu’ont été tissés à la fois spirituellement et à travers des relations humaines : depuis les gestes les plus simples jusqu’aux chemins les plus profonds. Le lien d’affection et d’aide qui se crée spontanément entre les nombreux fidèles qui viennent dans notre chapelle dans les différentes circonstances de la vie est toujours surprenant. L’égoïsme et l’intérêt personnel cèdent presque entièrement la place à la compréhension et à l’harmonie, même parmi de parfaits inconnus. Nous savons bien, en effet, que lorsque les yeux du cœur visent la simplicité et la sincérité, nous nous rapprochons de plus en plus les uns des autres.

Quelle attitude avez-vous envers les gens qui ne viennent pas vers vous ?

Il n’est pas trop compliqué de rencontrer les personnes qui viennent à la chapelle dans un désir de trouver accueil et compréhension. La question devient plus difficile en ce qui concerne les gens qui n’ont pas l’habitude ni la prédisposition d’y entrer.

Si nous lisons l’article « Le projet pastoral missionnaire du diocèse de Monaco » apparu dans le numéro 161 de la revue « Église à Monaco », nous trouvons la réponse au paragraphe 4 sous le titre « Sortir à la rencontre ».

La porte extérieure de la chapelle peut devenir un lieu stratégique de rencontres. Si nous sommes attentifs nous pourrons discerner les passants qui montrent une certaine tendance à répondre à un simple « bonjour » et s’approcher vers nous quand nous leur faisons « signe »…

Les inviter à franchir l’entrée de la chapelle, leur expliquer les symboles religieux et carmélitains qui se trouvent à l’intérieur (surtout les vitraux de Sainte Thérèse de Lisieux, la crèche, les statues), leur adresser un message d’encouragement, nous intéresser à leur vie quotidienne, leur proposer une prochaine rencontre.

Combien de fois nous sommes étonnés de leur désir d’écoute, de découverte et d’émerveillement quand, dans une ambiance inconnue ou peu connue par eux, ils sont confrontés à la cordialité de l’accueil qu’ils ont reçu de la part du prêtre.

Qual è il numero dei fedeli della Cappella dei Carmelitani?

Conoscendo le varianti che intervengono nelle motivazioni dei fedeli nella scelta di un preciso luogo di culto, il diagramma sulla frequentazione della nostra Cappella presenta una linea ascendente.

Ecco delle cifre approssimative che riguardano la nostra assemblea domenicale (compresa la Messa anticipata):

1979: 180 fedeli. Una parte importante proveniva dagli edifici Périgord I e II.

1988: 250 fedeli.

2002: 350 fedeli. Cappella provvisoria. Paradossalmente alle previsioni di cattivo augurio avanzate dai divulgatori di disgrazie, si è verificato un aumento considerevole di fedeli, dovuto allo slancio di solidarietà verso i Carmelitani generata dalla demolizione della Cappella (considerata dai fedeli come abusiva e inammissibile).

Durante i quattro anni e mezzo di intervallo si è manifestata una complicità creativa e interdipendente tra i Carmelitani e i fedeli che volevano manifestare il loro sostegno e la loro amicizia ai Padri durante quella situazione anomala. Per questo da una circostanza negativa è derivata, come effetto positivo, una corrente di aiuto reciproco che si è concretizzata in una presenza importante alle funzioni della Cappella.

  1. Immergiamoci in proporzioni, percentuali e indici matematici.

La popolazione di Monaco è di 38.000 abitanti. Se da questa cifra togliamo quelli che non vi abitano regolarmente….; se dalla cifra restante togliamo quelli che non sono cristiani….; se dalla cifra restante togliamo quelli che non sono cattolici….; se dalla cifra restante togliamo quelli che non sono praticanti….; se dalla cifra restante togliamo quelli che partono per il week-end….; se dalla cifra restante togliamo quelli che seguono la Messa alla tv (per questioni di salute)….; se dalla cifra restante togliamo quelli che frequentano la loro comunità parrocchiale ( noi non siamo “parrocchia”)….; se dalla cifra restante togliamo quelli che si spostano, per inerzia o par atavismo, verso le chiese del centro città….; se dalla cifra restante togliamo le famiglie con figli che frequentano il catechismo – indirizzati verso le parrocchie -….; possiamo affermare che, malgrado tutti questi dati, la nostra Cappella conta su una accettabile frequenza di fedeli: 500.

I preti della Cappella si impegnano ad avvicinarsi il più possibile o di ottenere delle “misurazioni perfette” per ottenere la soddisfazione dei fedeli.

Si tratta soltanto di un successo embrionale, vuoto di contenuto se non è accompagnato dalla continuità, dalla preghiera e dalla crescita dello spirito evangelico nel loro cuore.

Anche se disgraziatamente dobbiamo registrare “un decesso e mezzo” al mese tra i fedeli, la mia rubrica di indirizzi non è un cimitero; dal punto di vista quantitativo, le persone formidabili che abbiamo conosciuto sono state rimpiazzate….

Vorrei sapere cosa pensate dell’abbandono dell’abito religioso.

Fino a pochi anni fa l’abito era l’unico simbolo esterno che consentiva di distinguere i religiosi: “per riconoscerli in mezzo alla gente”. Ricordiamo che l’abito è un simbolo. Per definizione, un simbolo rimanda ad altra cosa da se stesso. Picasso ha disegnato una colomba come simbolo della pace. La colomba non è la pace stessa, la richiama soltanto.

È la stessa cosa per l’abito: un simbolo esterno. Ma bisogna prima di tutto dire che l’abito non è un aspetto fondamentale della vita religiosa. Questa deve essere resa visibile da altri suoi elementi costitutivi: consacrazione, ministero, stato di vita.

Se vogliamo affrontare la questione in modo serio, subito e prima di tutto è l’atteggiamento interiore che prevale, non l’esteriore.

A che cosa vogliamo dare più valore? A un simbolo religioso esterno? O a un essere umano che ha un cuore, che sa piangere con quelli che piangono e rallegrarsi con coloro che sono nella gioia? Un vero religioso non smette di esserlo quando non indossa il simbolo religioso.

A che cosa vogliamo dare più valore? A un simbolo religioso esterno? O a un essere umano che ha un cuore, che sa piangere con quelli che piangono e rallegrarsi con coloro che sono nella gioia? Un vero religioso non smette di esserlo quando non indossa il simbolo religioso.

A quanti dicono che l’abito può aiutare a riconoscere un prete nella folla…. voglio fare questa domanda: Quando partecipate alle nostre funzioni o condividete con noi un momento della vostra vita, perché siete venuti alla cappella e non altrove “tra la folla”? Perché è nella cappella che ci si riunisce… Nella cappella!!!

In conclusione: se un giorno vogliamo riconoscere e incontrare un prete è sempre possibile. Basta andare nel posto giusto; nel luogo dove normalmente si trovano i preti.

Per quello che ci riguarda personalmente, noi passiamo tutto il giorno nella Cappella, con completa disponibilità…, con o senza l’abito. Là ci troverete. Al nostro posto, non in mezzo alla folla!!!

Dunque, portare o no l’abito? Indossare l’abito resta una pratica presente tra i Carmelitani, ma è sempre legata alla scelta personale del religioso e all’ambiente in cui lavora.

Quale genere di persone frequenta la Cappella? Come possiamo catalogarle?

Ci sono fedeli che provengono da differenti paesi. È esaltante riunire elementi eterogenei che potrebbero non avere rapporti tra loro. Una forma d’intuizione universalistica.

La nostra cappella costituisce un’assemblea cosmopolita a livello microscopico (microcosmo). I fedeli non si ripiegano su se stessi né sui loro simili per identità culturale.

Per scoprire il carattere della cappella è indispensabile conoscere la personalità dei fedeli:

Gli atemporali, coloro che hanno frequentato la nostra cappella da generazioni e da secoli.

I massicci, persone che hanno un senso di appartenenza molto forte. Formano il nocciolo duro: la loro adesione e il loro contributo sono solidi e costanti.

I discreti, la cui strategia consiste nel non farsi notare per motivi personali.

Gli sparsi, appaiono e spariscono fortuitamente, quasi per errore o per caso.

Gli occasionali, la loro presenza è motivata da circostanze diverse: Messe n memoria di defunti, compagnia di amici.

I “non identificati”, i quali, nonostante la frequentazione settimanale, continuano ad essere anonimi e dei quali non si conosce l’origine o l’esatta natura.

I nomadi, che non si considerano fedeli fissi di nessuna Chiesa.

I bilocativi, quelli che simbolicamente sono visti simultaneamente in due chiese differenti.

Gli irriducibili, coloro che nella loro scelta si dimostrano profondamente attaccati alla nostra Cappella.

I vacanzieri, persone “in transito”, che fanno scalo a Monaco neo periodo delle feste o delle ferie.

I migratori, sono le persone che migrano da una chiesa all’altra, dopo un periodo di “fedeltà”, per ragioni personali (per esempio il ciclo stagionale…)

I trapiantati o transfughi, che si inseriscono definitivamente nella nostra comunità ecclesiale dopo esperienze vissute altrove.

 

I virtuali – potenziali fedeli – sono coloro che potrebbero essere fedeli della nostra Cappella ma sono legati ad altre chiese dove svolgono attività parrocchiali.

I precari, persone inadatte che nuocciono alla dinamica della cappella e che sono invitai a fare una riflessione in altri ambienti.

I collegati, abitanti stabili di Monaco per i quali la parola “parrocchia” ha perduto parte del suo significato. È la “comunità” che ha valore. La comunità rappresenta l’ambiente ideale. È nella loro “comunità” che essi esprimono i loro sentimenti religiosi.

I legali, che abitano una parte dell’anno nel Principato per ottemperare a regole legali; sono soprattutto italiani che hanno adottato la nostra cappella come punto di riferimento durante il loro soggiorno a Monaco. Non hanno l’abitudine di partecipare attivamente alla vita della diocesi perché il loro senso di appartenenza è sempre segnato dall’ambiente da cui provengono, dall’eredità sociale e religiosa d’origine.

I consumatori, che partecipano alle attività tradizionali, ma lo fanno spesso come acquirenti. Se non è di loro gusto andranno da un altro “distributore” fino alla loro sparizione completa dallo schermo radar.

I polimorfi, sono instabili nella loro frequentazione, il loro comportamento è orientato dalla rosa dei venti e dalle loro fantasie improvvise e cicliche.

Gli indipendenti, non affiliati, senza identità di appartenenza.

I gravitazionali, attorno alla nostra cappella, che rappresenta per loro una piattaforma girevole o una rampa di lancio, sporadicamente, verso altre chiese.

I festivi, coloro che sono motivati a frequentare la nostra Cappella esclusivamente nei momenti delle solennità carmelitane o delle grandi feste liturgiche.

I collaboratori, sono coloro che essendo membri di altre comunità parrocchiali, si associano alla nostra Cappella per partecipare ad attività specifiche private dei Padri Carmelitani.

I non catalogati, sono coloro che non possono essere inquadrati in nessuna categoria.

I multi-sfaccettati, chi possono essere catalogati diverse volte in questo elenco.

Tra i vostri fedeli si trovano caratteri particolari?

Gli insaziabili, sempre avidi di pratica religiosa, di preghiera e di silenzio meditativo.

I visionari, che associano il loro bisogno di spiritualità ad altri fenomeni reali o onirici.

Gli orientali con la loro cultura, le tradizioni religiose, l’iconografia multicolore e le reazioni imprevedibili.

I disorientati, coloro che sono sfasati, in sofferenza e che scavano nei loro sogni e nei loro rimorsi, ed anche nei loro ricordi.

I mistici, coloro che provano le loro esperienze spirituali con delle comunicazioni trascendentali non individuabili con il senso comune.

I militanti che si battono per difendere (o imporre) le loro idee e le loro convinzioni o quelle della loro scuola di pensiero.

Gli stravaganti, turbati e scombussolati da circostanze nefaste nel loro sistema psichico.

Quali preoccupazioni avete per quanto riguarda la cappella?

La nostra preoccupazione riguarda la creazione di una cultura di relazione in seno alla Cappella. La creazione e il rafforzamento delle relazioni personali e l’adozione di un approccio umano e trasparente sono fattori determinanti per il raggiungimento del nostro obiettivo. L’approccio personale e individualizzato esige che al centro del nostro apostolato siano posti i fedeli. Esiste anche un forte aspetto emozionale che concerne i fedeli. Non si diviene “fedele” se non si predilige un’istituzione particolare, se non la si difende se non si è leali nei sui confronti.

I limiti territoriali delle diverse comunità cristiane non valgono molto oggi, perché le persone si spostano più che nel passato. Tempo fa i cittadini frequentavano una chiesa che si trovava nella loro parrocchia perché la vita si svolgeva in un ambiente più ristretto…, oggi invece le persone si muovono da un quartiere all’altro per il lavoro, la vita sociale, le attività sportive, ecc. Allo stesso modo essi possono abitare in un quartiere e praticare la loro fede in un’altra parrocchia, semplicemente perché la liturgia li coinvolge di più oppure gli orari delle celebrazioni sono più convenienti per il loro modo di vivere.

Tuttavia bisogna riconoscere che il sentimento psicologico di appartenenza esiste ancora per molti praticanti della nostra Cappella.

Questa sensazione implica un’identificazione personale in riferimento al gruppo, gli attaccamenti affettivi, l’adozione di valori, di norme, di abitudini, la solidarietà verso coloro che ne fanno parte. Più un fedele ha un forte senso di appartenenza alla Cappella, più tende ad adottare i valori, le norme e le regole di condotta del gruppo.

Il senso di appartenenza dipende dalla qualità di vita dell’ambiente, dalle relazioni tra le persone, dal “gusto” delle attività offerte. La nostra assemblea è invitata ad essere sempre più “viva, missionaria ed evangelizzatrice”. Se lavoreremo in questa direzione, il senso di appartenenza dovrebbe mantenersi… e anche aumentare!

Il nostro obiettivo consiste nel consolidare le relazioni rafforzando il senso di appartenenza alla “famiglia” carmelitana, in modo tale che la frequentazione della nostra cappella imprima in ciascun fedele il carattere di appartenenza, un segno distintivo. La cultura sociale degli ultimi tempi è inseparabile da una preoccupazione che esige un “reclutamento” che comporta metodi moderni di gestione senza trascurare la cura della qualità. Anzi, proprio il contrario.

Se una persona sa che può trovare un padre Carmelitano che risponda alle sue richieste, ritornerà.

Riuscire richiede buona preparazione, notti in bianco, dedizione assoluta, informazione con un contenuto visivo chiaro e gradevole, utilizzazione dei mass media…

Come concepisce il suo ruolo di “Rettore” della Cappella?

Se l’uomo si trova al vertice delle specie viventi, è grazie alla sua facoltà di operare scelte strategiche, anticipare i problemi, prevedere gli effetti positivi o negativi della proprie azioni, a corto e a lungo termine. Queste capacità ci portano ad essere efficaci nella realizzazione del compito che Dio ci ha affidato. Avvicinarsi il più possibile alla professionalità senza diventare né funzionari né salariati. Dirigere non è una posizione, ma un lavoro, un umile servizio per Dio e per i propri fratelli e sorelle. È un compito difficile. Se non si ha uno spirito lungimirante su questo punto, si rischia di diventare un tiranno spirituale, un rigido, un tollerante o un lassista.

Siamo delle guide di un’assemblea. Ma questa idea esige che ci si distacchi dall’immagine di un guidatore di bus che dirige il suo veicolo pieno di passeggeri passivi (vietato parlare al conducente!). Nella Chiesa, le guide sono coloro che sono a capo, danno impulsi, assumono responsabilità, ecc., tuttavia senza controllare tutto!

Il nostro ruolo è di unire e di motivare più che di moralizzare.

Come definirebbe questa comunità carmelitana?

Non convenzionale. Divergente da ogni stereotipo classico.

Molti parametri devono essere presi in considerazione. L’aspetto della maturità spirituale di noi due; l’aspetto del talento naturale e della competenza in un quadro che esige padronanza tecnica; l’aspetto dell’attitudine al lavoro; l’aspetto dell’ambiente di lavoro, l’aspetto della soddisfazione dei fedeli…

In comunità cerchiamo di stabilire un vero dialogo anche se punti di vista personali si palesano su dettagli.

Ci aiutiamo a vicenda per prendere le decisioni e ci assicuriamo che ciascuno di noi abbia chiare le proprie responsabilità in vista dell’attuazione delle azioni decise. Ci scambiamo consigli ponderati ed equilibrati.

Riconosciamo di essere diversi, con doti uniche, forze proprie e quindi con un apporto specifico all’impegno comune. Ciascuno di noi sa che ricopre un ruolo particolare o contribuisce in modo specifico nella gestione: quello che l’apostolo Paolo aveva ben presente quando parla del funzionamento interno del “corpo” di Cristo. In questo corpo unico, ciascun membro è diverso dall’altro, ciascun membro è necessario per assicurare il funzionamento equilibrato dell’insieme; le diverse parti si completano mutualmente e lavorano in modo armonioso, nelle loro diverse funzioni, per il bene comune (1 Cor. 12). Questa immagine del corpo umano si applica a tutti gli aspetti della vita di chiesa, compresa la sua amministrazione.

Lavorando uniti, i nostri doni e le nostre attitudini si manifesteranno naturalmente nella comunità. Gestire le nostre risorse umane per la buona riuscita dell’amministrazione della cappella. Interiormente siamo liberi; altrimenti la nostra vita sarebbe un inferno. Le basi sono una grande fraternità, il rispetto, molto humor e una reale autonomia strutturale.

La comunità è una fonte di gioia e di pienezza. Da noi il senso della comunità opera come un acceleratore. La percepiamo come uno spazio di consiglio, di sostegno e di solidarietà. La comunità religiosa si presenta come un airbag, approvato in modo unanime da altre entità ecclesiali che non possono accedervi. Questo prova che la cellula della comunità ha ancora una dote esemplare e che richiama un immaginario rassicurante, sinonimo di felicità.

Il perimetro della nostra comunità non è allargato né elastico. Siamo due. L’autorità del “Padre Superiore” è meno onnipresente. Siamo attenti ad adattarci alla personalità dell’altro. Evitiamo le occasioni di conflitto. La vita comunitaria è come fare esercizi da circo sulla fune: la sola possibilità di sopravvivere è quella di trovare i metodi per riequilibrarsi costantemente.

Il Padre Michelangelo ed io non potremmo affrontare l’avventura l’uno senza l’altro. Il buon equilibrio non deriva dal fatto che formiamo una comunità di Carmelitani, ma dal fatto che siamo in due… Uno più uno non fa due, ma undici, nel senso dell’impegno…

Come sono strutturate le vostre liturgie?

Possibilità di una riforma liturgica? Troppi i testi nella messa? Siamo realisti, le scienze dell’educazione ce lo ricordano, la nostra capacità di attenzione non è estensibile. (…)

Inoltre, il vocabolario di alcuni testi sembra provenire, a volte, da un altro pianeta. Come comprendere le letture dell’Antico Testamento senza conoscere un minimo di contesto storico? Ora, ed è questa una domanda, pensate che molte persone che vengono a messa la domenica sappiano a cosa corrisponda l’Esilio…, chi sia Melkisedek? Quante persone sono abbonate a “Prions en Église” o a “Magnificat”? Quante persone frequentano i corsi di “Formazione Permanente dei Laici”? Molto, molto poche! Quanti leggono la Bibbia? Molto, molto pochi! Non viviamo nell’illusione!

È relativamente facile avere bei discorsi, belle parole sulla fede. Ma è con il nostro modo di essere, con il nostro modo di fare che si trasmette la maggior parte delle cose.

I fedeli si ritrovano per condividere momenti di pratica religiosa. Il movimento, il ritmo, la melodia, l’armonia non sono al primo posto nelle loro ricerche spirituali. La sfida è grande perciò è necessaria un’enorme dose di saggezza sotto l’influenza dello Spirito Santo.

Sarebbe una mancanza di accortezza concepire delle liturgie omeopatiche applicabili senza criterio. Noi cerchiamo di rispondere ai bisogni e alle attese dei fedeli, come Gesù che chiedeva: “Cosa vuoi che io faccia?”

Le nostre prediche e le nostre preghiere sono pertinenti perché legate concretamente alle attese dei fedeli.

I fedeli scoprono una forma alternativa della celebrazioni liturgiche, spoglie ed essenziali, senza eloquenze concentriche, la cui colonna portante sta nella sobrietà della croce, solo elemento che interpella il nostro spirito: “Le mani vuote e il cuore pieno”. La nostra appella possiede due energie ultrapotenti: il cuore dei fedeli e la croce che presiede le nostre liturgie.

La nostra strategia consiste nel riuscire e presentare una fede depurata, senza cerimoniali ma molto calorosa, in una relazione diretta e individuale con Dio.

Il nostro scopo non consiste nell’usurpare il posto ai produttori di spettacolo. La liturgia è fondata sull’armonia nella ricerca della Verità, del Bene e della Bellezza in tutta semplicità. Tutto ciò farà crescere la nostra vocazione e la nostra passione… e la soddisfazione dei fedeli.

il silenzio e la semplicità conducono all’essenziale, alla Sorgente: Dio. “Oh! felice avventura” (S. Giovanni della Croce”).

Riprendiamo i tre motti: Liturgicamente, sobri. Formalmente, coerenti. Pastoralmente, equilibrati.

Le telecamere possono filmare in diretta le funzioni e diffonderle sul sito internet della cappella.

Qual è la topografia del suo posto di lavoro personale?

Il mio studio. Siamo in piena fantascienza. Schermi e tecnologia ovunque. La modernità è onnipresente. Si ha l’impressione che da lì Padre Jesús sorvegli il mondo intero in modo continuativo. C’è in quello studio un aspetto “grande fratello” che fa paura.

Le nuove tecnologie mi circondano. L’uso di internet, delle reti sociali, dei media… È la mia cassa di risonanza. È un flusso continuo nel quale mi inserisco.

Come si percepisce la presenza di Santa Teresa di Lisieux in questa Cappella?

La Cappella, come un faro, indica una direzione; come il flusso e il riflusso del mare sono numerosi coloro che superano la soglia della Cappella per riprendere fiato, trovare un po’ di pace, vedere più chiaro, attingere il coraggio di vivere e di ripartire, affidare anche i piccoli a Santa Teresa di Lisieux…

Un’altra storia di questa Cappella viene scritta continuamente; meno spettacolare, ma altrettanto importante. È la storia segreta e misteriosa che concerne proprio il segreto e il mistero di centinaia di uomini e di donne che entrano in questo luogo di culto.

Questa storia non potrà mai essere scritta. Per farlo occorrerebbe avere il potere di sondare i pensieri e il cuore!

Se sapessimo quello che ogni cero votivo rappresenta per chi lo ha acceso in onore di Santa Teresa…!

Quali sorprese e scoperte! Quante preghiere formulate in segreto! Quali desideri espressi umilmente! Quali parole di ringraziamento!

Evidentemente, in questo luogo, Teresa fissa misteriosi appuntamenti con chi viene a pregarla.

Teresa, accoglimi sulla soglia di questa piccola Cappella che ti è dedicata. Sono qui per dirti grazie con poche semplici parole e alcune immagini colte nel gioco di luci che ci dà ogni volta qualcosa e ci rivela alcuni segreti della nostra vita interiore.

Grazie a te. piccola Teresa, che ci accompagni nel presente… grazie a te, io vivo e credo.

Come avviene il contatto con i vostri fedeli? Come concepite il vostro ministero tra i fedeli?

Riceviamo molte confidenze. In questa attività bisogna sempre lasciare all’altro la propria libertà spirituale e interiore. Il prete ha l’incarico di liberare le persone, di rimetterle in piedi. altrimenti non ha niente da fare.

Noi applichiamo la vicinanza e la dolcezza. Siamo accanto alle persone nella pena, nella gioia, nella malattia, nella ricchezza, nella povertà, nel matrimonio e anche nel divorzio. Essere presenti fisicamente e discretamente, soprattutto in sacrestia… Essere pronti all’ascolto e irrigare tutti i fedeli con il messaggio evangelico.

Cerchiamo di conoscere i fedeli, i loro desideri, le tendenze, le attese… Bisogna trattare ogni fedele secondo parametri individualizzati.

Abbiamo una dinamica personale per quello che concerne il nostro rapporto con i fedeli: essi hanno un viso, un nome, una famiglia, una storia; li conosciamo e facciamo con loro un percorso condiviso. La nostra cappella esiste per offrire i servizi essenziali della vita cristiana ai nostri fedeli.

Abbiamo un cuore pastorale, cioè un amore profondo per il popolo di Dio e il desiderio di servirlo. (1 Pi 5.1-4). Il “pastore” ama fare visita; conosce il nome della maggior parte dei credenti nell’assemblea (anche il nome del loro gatto!) ed è interessato a tutto ciò che li concerne e se ne ricorda. È la persona alla quale ci si rivolge naturalmente nei momenti di crisi famigliare. Noi cerchiamo di attivare le zone del loro cuore all’origine delle emozioni. Operiamo per un apostolato di impegno per risvegliare gli sguardi e smuovere le coscienze.

Riflettendo il gran cuore del Buon Pastore, ci ricordiamo costantemente che ogni persona e ogni caso è diverso e degno di un’attenzione particolare.

Siamo profondamente coscienti che Cristo è il capo della Chiesa e che noi dovremmo far attenzione a non deluderlo. Diffidiamo istintivamente del cambiamento o della novità e teniamo in considerazione i pericoli che ogni opzione comporta. Nessuna decisione rapida o imprudente. Se si conoscono i fedeli, tutto diventa più facile da gestire.

Non dimentichiamo che verrà il giorno in cui staremo di fronte a Dio per rendergli conto del modo in cui abbiamo guidato il suo popolo (Eb. 13.17) Le nostre famiglie, i credenti, i non-credenti, e la prossima generazione beneficeranno di tutti i progressi che potremo realizzare. Ne vale veramente la pena.

Le persone che vengono a domandare il nostro aiuto cercano di sincronizzare i loro sentimenti con dei preti positivi. Non bisogna mai minimizzare i battiti del cuore dei fedeli. Bisogna che ogni chiesa rassomigli ai suoi fedeli. “Qui i cuori si riscaldano”, – ci dicono spesso.

L’amicizia occupa un posto centrale, spazio di respirazione salutare; ritrovarsi dopo le funzioni intorno a passioni comuni: sono tante parentesi per vivere pienamente il tempo presente. Tutti momenti in cui ci si ritrova, con un bicchiere in mano, senza distanza gerarchiche, in convivialità.

Esercitare il ministero in questa Cappella dei Carmelitani produce un’emozione scientificamente inspiegabile.

Chi vi aiuta nel vostro lavoro?

Mancando un “Consiglio parrocchiale” dobbiamo noi due pianificare e organizzare. Occorre diventare “multifunzionali”.

La nostra gestione è quasi famigliare. Fare scelte, dare priorità, gerarchizzare, sono atti semplici e al tempo stesso essenziali della vita quotidiana.

Quale colpa siete facilmente pronti a perdonare ai vostri fedeli?

Provo simpatia per i comportamenti eccessivi di persone fuori dal comune.

Quale sarebbe l’analisi formale sulla presenza dei fedeli?

Circostanze di svantaggio per la Cappella:

  1. A carattere diocesano:

Il fatto che la Cappella non sia considerata tra le parrocchie causa:

  1. Alcuni fedeli, per ipotesi della nostra Cappella -genitori di bambini in età di catechesi- la domenica sono invitati alla Messa celebrata nelle parrocchie, in vista della preparazione in gruppo per ricevere i sacramenti di iniziazione. Sapendo che ogni bambino, per la dinamica famigliare, porta con sé tre altre persone, possiamo facilmente valutare la quantità mancante su un’assistenza prevedibile.
  2. Non svolgendo attività tipicamente parrocchiali, che fanno circolare un gran numero di persone, il nostro contatto personale con possibili fedeli rimane molto limitato.
  3. Non avendo “l’omologazione” diocesana per la celebrazione nella nostra Cappella delle grandi feste sacramentali (battesimo, cresima, matrimonio) e dei funerali, -cerimonie che fanno affluire in chiesa un importante numero di persone-, il ruolo della Cappella sarà sempre limitato e la possibilità di rendere visibile la nostra presenza e stabilire un rapporto con quelle persone sarà imperfetto.
  4. Localizzazione: La localizzazione della nostra Cappella nel perimetro esterno del Principato è contraria alle abitudini psicologiche delle persone che, per metodo, la domenica hanno la tendenza a spostarsi verso il centro della città.
  5. Cappella “tascabile”.

Circostanze di vantaggio:

Constatiamo che il numero dei fedeli è in leggero aumento.

La cappella attuale è situata in un quartiere del Principato in fase di sviluppo. La costruzione di nuovi edifici per abitazione nello stesso quartiere (quartiere est risale all’ultimo quarto del secolo scorso. Questo fatto, che originariamente si traduceva in un conseguente aumento dei fedeli, non comporta attualmente l’arrivo massiccio di nuovi fedeli nella Cappella, in particolare sapendo l’origine religiosa e geografica degli abitanti recentemente stabilitisi.

Questa cappella dei Carmelitani rappresenta un punto di riferimento per tutto il quartiere:

  • La fermata dell’autobus in Bd d’Italie: “Arrêt des Carmes”.
  • La cappella: “Chapelle des Carmes”.
  • La scuola : “École des Carmes”
  • L’edificio sulla Voie Rapide: “Les Carmes”.
  • La fermata dell’autobus a bordo mare: “Arrêt Inférieur des Carmes” (questa denominazione è stata modificata nel 2014.

Questo significa che questa Cappella e la presenza della comunità di religiosi configura lo stile del quartiere.

La posizione della Cappella, il cui sagrato è un passaggio obbligato per un importante segmento della popolazione che si reca ad altri livelli orografici del Principato (scuola, spiaggia, viale lungomare, zona alta di Monaco) può costituire un richiamo visivo, una curiosità e, in certi casi, un richiamo.

Circostanze neutre:

  1. La struttura interna della Cappella, spoglia e precisa, senza “fioriture” nei suoi elementi architettonici, senza eccessivi accessori che potrebbero sovraccaricare e produrre confusione e distrazioni. Solo la croce è esposta alla vista e al cuore dei fedeli. Si tratta di una particolarità della Cappella che piace ad alcune sensibilità desiderose di nutrirsi dell’essenziale nella loro vita spirituale.
  2. Dimensioni: Dare prospettiva alla propria attività diviene impossibile. Le nostre azioni sono limitate per la volumetria della Cappella. Non disponiamo di grandi margini di manovra nella creatività.

Siamo ricchi di idee per la nostra cappella, ma non si danno le condizioni idonee per trasformarli in realtà.

I Padri Carmelitani come sono considerati dal Governo monegasco?

Siamo un’entità senza nessuna base giuridica Le condizioni del nostro soggiorno a Monaco sopravvivono nell’indeterminatezza di una tolleranza controllata. Sottolineo la parola “tolleranza” perché ci è stato detto ripetutamente che chiudevano semplicemente gli occhi sulla nostra attuale situazione. Questa circostanza non appare scritta su nessun documento, perché non potessimo nemmeno avvalerci di una tolleranza messa per iscritto…

Come gestite il gruppo dei chierichetti?

Non sono organizzati come istituzione ufficiale della nostra Cappella. La loro presenza si deve all’iniziativa personale o famigliare, senza una struttura gerarchica formale. La partecipazione dei bambini si attua con un margine controllato di improvvisazione, col quale la loro spontaneità è rispettata, evitando l’uniformità e il “militarismo” rigido che impedirebbe l’espressione dei loro sentimenti.

Come reazione “a posteriori” i bambini e le bambine che hanno partecipato al servizio della Messa continuano la loro pratica religiosa nella Cappella, da adolescenti o da giovani adulti, confermando così il loro affetto indefettibile per i Padri Carmelitani.

E per quello che riguarda l’età dei fedeli…

Dopo il 2010, in occasione della festa di Santa Teresa di Lisieux, al termine della Messa, rendiamo omaggio alle coppie fedeli della Cappella che hanno raggiunto le nozze d’oro del loro matrimonio. In questo contesto sociale atipico in cui l’età media è elevata, queste coppie formano un nocciolo molto rispettato che suscita ammirazione e curiosità. Noi li circondiamo di simpatia e di riconoscenza.

Ecco i nomi di alcune coppie che fanno parte di questa cerchia e che sono state festeggiate dopo il 1999:

Magda et Enrico Braggiotti
Antonietta et Carlo Ravano
Santa et Ferruccio Fiorucci
Mr et Mme Gabrie Longo
Mr et Mme Grinda
Mr et Mme Hintermann
Mr et Mme Théo Dams
Mr et Mme Francis Boisson
Mr et Mme Lanfredi
Mr et Mme Lorenzi
Luisa et Vittorio Della Valle
Mr et Mme Della Valle-Capitolo
Mr et Mme Fenarolli
Jeannette et Aloïs Jurt
Gabi et Antoine Molin
Monique et José Curau
Carmen et Francisco d’Aurella
Mr et Mme Crugnola
Mr et Mme Delicata
Mr et Mme Sertorio
Giusepina et Giovanni Olivares
Mr et Mme Marcel Bize-Leroy
Bertrand Fernand et Odile
Mr et Mme Casalone
Mr et Mme Grossoli Carteri
Mr et Mme Del Porto François et Anna
Mr et Mme François Delaye
Mr et Mme François Gorra
Fruebeck, Guillermo et María
Javier et Mme Otaduy
Mr et Mme Dumans
Gherarducci, Enzo et Rori
Leduc, Paulette et Marcel
Orlando, Salvador et Mariolina
Principale, Paule et Max
Mr et Mme René Vascellari
Vezzani, Piero et Ermine
Mr et Mme Wahba, Halim
Mr et Mme Wullems, Charles
José et Jane d’Amico

La nostra assemblea è composta da fedeli fieri di rappresentare l’età media più elevata per metro quadro tra tutte le comunità cristiane monegasche.

A questo elemento di informazione, formalmente ben argomentato, si contrappone un supplemento più realistico che riguarda gli ultimi anni (dopo il 2000). Questa data rappresenta il notevole aumento del numero giovani famiglie, soprattutto italiane, che hanno cominciato a frequentare la nostra cappella, ringiovanendo la nostra assemblea. Queste famiglie, preoccupate per l’educazione e la formazione dei figli secondo principi religiosi (due o più figli per la maggior parte delle coppie), si uniscono alla nostra comunità dando all’assemblea un carattere più dinamico, più famigliare, più festoso e diversamente colorato. Tutti questi bambini hanno svolto il ruolo di chierichetti:

Malferrari, Limiti, Cominelli, Cavagna-Boris, Marzocco, Picozzi, Colombo, Gandolfo, Caumont-Caimi, Gianoli, Ravano, Burani, Pelizzoli-Caramello, Lombardi-Graglia, Miani, Manni, Gison, Kerwat, Piatti Rocco, Dinola, Bonomelli, Colantuoni Sanvenero, De Luca, Ugrin… e le numerose famiglie portoghesi.

Avete un “plus” per attirare la gente?

Tramite la nostra personalità. Con le nuove tecnologie: la e-comunicazione funziona. Con i rapporti umani che sono primari.

Una volta i preti erano presenti a tempo pieno. Adesso si corre il rischio di mettere in primo piano altre persone nei luoghi d’accoglienza e di decisioni. Queste persone nominano a loro volta dei manager che nominano anch’essi dei direttori tecnici per svolgere i diversi servizi della parrocchia. Tutta questa gente, per fare ciò che il prete faceva prima: il contatto con i fedeli.

L’amministrazione di una chiesa richiede molta competenza. Prima bastava avere una personalità forte. Ora occorre padroneggiare tutti i segreti, le tecniche e la dinamica del contatto umano.

Ogni chiesa è come un cielo stellato nell’insieme di una costellazione nel grande universo diocesano. Ogni chiesa deve disporre delle orbite e dei pianeti che girano intorno e che sono legati da proprie leggi di attrazione.

Per quello che concerne il processo di consolidamento dei nostri fedeli, è nostro desiderio attirare nuove persone e accrescere la qualità del nostro servizio. Se l’aumento del numero dei fedeli è uno scopo evidente, è altrettanto importante aumentare la proporzione della loro soddisfazione. Offrire un “plus” sta alla base del rafforzamento, ed è un imperativo assoluto se vogliamo essere credibili e percepiti come degni di fiducia e di interesse.

La riflessione è l’elemento essenziale che precede e conduce a una strategia per il raggiungimento di un obiettivo.

Come vengono vissute le grandi feste carmelitane?

Con la presenza dei Padri Carmelitani Spagnoli a Monaco, sono state celebrate solennemente le feste in onore di Santa Teresa d’Avila e di san Giovanni della Croce. La consuetudine era quella di invitare a ciascuna festa, con Mgr Abelé, una parte del clero, in alternanza. La messa, seguita da una cena, rappresentava l’omaggio della Chiesa di Monaco ai due santi patroni del Carmelo.. Alcuni predicatori Carmelitani francesi, intervenuti per l’occasione e ben considerati per la conoscenza della spiritualità carmelitana, illustravano la dottrina dei due santi.

Dopo gli anni ’80 questa consuetudine cadde in disuso, rimpiazzata da cerimonie più sobrie, celebrate nell’intimità con i fedeli che già erano iniziati nella fiamma del Carmelo.

Durante i quattro anni e mezzo di esistenza della cappella provvisoria (1998-2002) tutte le celebrazioni carmelitane sono state mantenute in sordina per l’assoluta mancanza di uno spazio fisico adatto ad ospitare l’avvenimento. Con il Padre Michelangelo, che in quel periodo era in Spagna e ci raggiungeva il mese di settembre, abbiamo vissuto con i mezzi disponibili le feste di Santa Teresa di Lisieux. Era lui che presiedeva la cerimonia.

A partire dall’anno 2002, nella nuova Cappella, si è aperto un nuovo ciclo. Con i Padri Michelangelo, Victor e Gesù, era giunto il momento di rilanciare le feste del Carmelo. Un’importanza speciale è stata conferita alla festa di Nostra Signora del Mante Carmelo, il 16 luglio, nonostante gli inconvenienti di calendario inerenti a questa data. L’imposizione dello scapolare è molto apprezzata dalle anime desiderose di ricevere la protezione della Vergine.

La spiegazione del significato, un’introduzione alla storia del Carmelo e un’idea sulla nostra spiritualità sono proposte ai fedeli a parole e con mezzi visivi. Questa festa si impone per solennità nel ritmo della Cappella nella prima parte del periodo estivo… essendo l’Assunzione la festa mariana della seconda parte dell’estate.

Santa Teresa di Lisieux è la festa più solenne, celebrata a livello diocesano, nella nostra cappella. La data più attesa dai fedeli amanti della Piccola Santa.

Al mio arrivo, nel 1979, parecchie persone avevano ancora ben presente il ricordo del processo di canonizzazione di Teresa, che è sempre rimasta la santa preferita nel cuore dei francesi.

Una pubblicazione annuale, studiata da noi, ricca di testi e di immagini pertinenti che illustrano la vita, la dottrina e l’attualità di Santa Teresa di Lisieux viene offerta a tutti come supporto per una migliore conoscenza della Santa.

La Cappella dispone di una corale?

« Les premières notes s’échappent du piano, les baguettes s’abattent sur la batterie ; devant la scène, les corps se balancent, les mains scandent le rythme et les yeux commencent à suivre les paroles à l’écran… » On s’est trompé. Ce n’est pas notre chapelle…

Abbiamo trovato delle tracce, in alcuni documenti grafici che datano degli anni 1960, al tempo dei Carmelitani francesi, dell’esistenza di una corale femminile nella Cappella composta da 8 persone.

Sotto la guida del Padre Felipe Zuazúa, cappellano del “Collège de L’Annonciade”, erano nate alcune iniziative a metà degli anni ’70. I fratelli Dumans – Étienne et Antoine – all’organo e alla chitarra, con altri compagni di classe, accompagnavano i canti alla Messa della domenica alle 11h.

Oggi la formazione di una corale non appare ora come una priorità né come una possibilità concepibile. La partecipazione spontanea dell’assemblea dei fedeli nelle parti cantate della Messa costituisce un valore provato, lontano dalla spettacolarità e dall’innovazione sfrenata. Dato il carattere della Cappella, un repertorio tradizionale, ben sperimentato, stabile e assimilato diventa la sola strategia pensabile nelle situazioni liturgiche come la nostra in cui la lingua d’origine di una parte preponderante dell’assemblea non corrisponde alla lingua locale.

Avete vissuto dei momenti critici a Monaco?

Al momento della demolizione della prima Chiesa (1998), alcuni falsi profeti, che tradivano il destino di un progetto futuro sotto la forma di una oscura predizione, vaticinavano la morte prematura della nostra assemblea e la sparizione dei Carmelitani a Monaco tanto la fatalità e gli anni di sconforto e di tribolazione si sarebbero abbattuti su di loro.

Parallelamente, altre istituzioni sono state votate alla estinzione dall’immaginario popolare: la monarchia, lo Stato di Israele, l’energia nucleare, la democrazia, il terrorismo, il capitalismo, il comunismo, la Comunità Europea, il razzismo, la tortura, i piccoli negozi locali, la religione, la famiglia, il matrimonio, l’euro…; istituzioni che durano tuttora. A volte sono numerose le persone che hanno una marcata tendenza a sbagliarsi…

Allo stesso modo nel nostro caso, i coloro delle circostanze presenti a quel tempo, non hanno potuto indovinare l’avvenire. I presagi e i pronostici nichilisti sono rimasti lettera morta.

Quali sono i vostri mezzi di sussistenza?

La cappella si sostiene esclusivamente sulla partecipazione dei fedeli: questua, messe, cassetta delle elemosine e doni specifici.

Insisto sulla trasparenza dei conti, consultabili, su richiesta, sul sito web della cappella.

Una cappella in cui abbonda la ricchezza?

Cosa significa essere ricchi oggi? La domanda è semplice. Non la risposta. Se accettiamo la definizione del dizionario, è ricco chi “possiede denaro, patrimonio, beni importanti”. Oltre questa vaga definizione, ci sono certamente altre indicazioni.

Se amate ciò che fate, vorrete impegnarvi a fare sempre meglio. Ogni discorso sull’idea di fare il passo successivo, di dare il meglio di se stessi e di essere pro-attivo non ha senso se non amate il vostro lavoro.

Così si deve essere ricchi di passione: solo la passione farà di voi un religioso Carmelitano agguerrito. Solo la passione vi renderà ricchi.

Ricco in motivazione: l’energia che spendete vi permetterà di raggiungere uno stato di soddisfazione favorevole alla vostra realizzazione personale.

Ricco in discrezione: la mia tendenza a controllare di non mettere a disagio gli altri, a non impormi, ad aver ritegno, ad aver considerazione per gli altri, ad essere riservato, ad avere tatto.

Io sono ricco nel successo, nelle delusioni e nelle azioni di grande risonanza. Sono anche ricco negli insuccessi.

A questa connotazione malevola che alcune persone avide ci attribuiscono, bisognerebbe rispondere con una domanda: di quale ricchezza si parla? Ce ne sono due tipi: la ricchezza dei redditi e la ricchezza del patrimonio. Noi non abbiamo né l’una né l’altra. Proprio il contrario.

Una cappella in cui regna l’abbondanza?

Rispondo affermativamente a questa domanda e vi confermo solennemente che navighiamo nell’abbondanza.

Sì, siamo nell’abbondanza per quanto riguarda il numero di ore di sonno sacrificate per migliorare la qualità dei servizi proposti per la cappella.

Siamo nell’abbondanza per quanto riguarda l’intensità dei nostri sforzi per far progredire la cappella nonostante la mancanza di mezzi.

Siamo nell’abbondanza per il tempo passato davanti allo schermo per creare bollettini di informazione, fogli per la liturgia, riviste, manifesti…

Siamo nell’abbondanza per la quantità di copie laser prodotte ogni giorno per i fedeli.

Siamo nell’abbondanza per le ore dedicate alle persone indigenti o squilibrate che ricorrono a noi come loro ultimo rifugio… Nell’abbondanza di contattare persone vere, ferite, frustrate, affaticate, vulnerabili.

Siamo nell’abbondanza per le telefonate intempestive ricevute da persone sconcertate dalla vita.

Siamo nell’abbondanza per la quantità di energia impiegata per canalizzare le nostre conoscenze, le aspirazioni e i progetti impossibili da realizzare per l’esiguità volumetrica della nostra cappella.

Siamo nell’abbondanza per il disagio causato da una sacrestia e un ufficio di accoglienza lillipuziani, inconcepibili e assolutamente inappropriati per una chiesa di recente costruzione.

E vi assicuro che questa risposta non è né cinica né aspra…

E aggiungo ancora. La storia della nostra cappella parla da sola per la protezione particolare e la sovrabbondanza di grazie ricevute dal Signore nei momenti più inquietanti affrontati.

Noi siamo nell’abbondanza della gioia e appagati constatando che i fedeli riconoscono e apprezzano il nostro atteggiamento.

Sono nell’abbondanza della soddisfazione quando i fedeli comprendono l’importanza della sfida: essi sono indispensabili e insostituibili per noi…

Quali consigli pratici dareste ai vostri fedeli?

La nostra cappella cerca di essere una grande famiglia: Vi invito a non esitare nel farci conoscere le vostre necessità, le intenzioni di preghiera, anche la fatica o lo sconforto. Tutto questo può capitarci un giorno! Siamo solidali con amore fraterno.

Se possiamo chiamarvi o farvi visita, lo faremo. In caso contrario, se non possiamo intervenire, c’è la fervente preghiera dei giusti, è la nostra forza invisibile! Dio non è sordo e risponde alla persona che invoca il suo nome.

C’è il muro di preghiera del nostro sito internet. Utilizzate questo mezzo così utile che ci connette in spirito di preghiera. Ci sono inoltre le cassette delle elemosine in fondo alla cappella nelle quali potete mettere, quando lo desiderate, una vostra intenzione di preghiera.

Come potreste definire la Cappella?

Non avendo una struttura rigida come istituzione parrocchiale, potremmo definirla come “asimmetrica e non convenzionale”, gestita con altri criteri più sottili e adattabili.

Un’altra definizione potrebbe essere “retro-futurista”: una mescolanza, nel sentimento e nella concezione del fenomeno religioso, degli stili classici del passato e delle aspettative più attuali, che crea una fusione armoniosa di elementi allo stesso tempo passati, presenti e futuri.

Ogni chiesa ha il suo DNA specifico che bisogna sviluppare. Non si può copiare ciò che viene fatto altrove. I codici non sono gli stessi tra le diverse chiese. Chi copia o improvvisa ha poche speranze di riuscire.

I codici della nostra Cappella sono molto semplici:

  1. Guardare la croce.
  2. Lasciare parlare il cuore.
  3. Sentire la presenza di Dio in noi e nell’assemblea.
  4. Sentirsi amati da Dio.
  5. Sapere che il prete considera personalmente ciascun fedele.
  6. Considerarsi fratelli.

Che cosa pensate del matrimonio tradizionale?

In un momento di passione, il fascino del sogno è più forte del calcolo del rischio. Ma una volta che la decisione è presa, ci si trova di fronte all’impossibilità di prendere in carico i fattori di rischio modificabili o imponderabili; e i meccanismi delle probabilità, le percentuali matematiche e la legge della statistica non tardano molto ad imporsi.

Può parlarci della vostra pastorale vocazionale?

Ecco una delle nostre cocenti delusioni. Per comprendere la crisi delle vocazioni, è indispensabile inserirla nel contesto concreto di Monaco… Né i Francescani, né i Fratelli delle Scuole Cristiane, né la Comunità delle “Sœurs de Saint Maur” sono riusciti a trovare la formula adatta per attirare nuove vocazioni, pur avendo un istituto per l’insegnamento e la formazione religiosa.

Né i Carmelitani né i Gesuiti, pur basandosi su una valutazione più limitata delle risorse e delle possibilità reali, hanno trovato il modo di suscitare e di drenare verso di loro dei giovani aspiranti al sacerdozio.

Incontriamo spesso giovani adulti che ci interrogano sul nostro tipo di vita. Li accogliamo con calore e apertura ben sapendo che le vocazioni andranno là dove le comunità hanno un aspetto chiaro, un’identità precisa che possa attirare e dare un senso alla vita.

Sosteniamo da anni i giovani che si interrogano su una possibile vocazione. Nel momento attuale, ci vuole molto più tempo per scegliere la propria strada e maturare una decisione sicura. Senza dubbio, dobbiamo intraprendere svariate iniziative per accompagnare, in maniera personalizzata, le persone che si domandano come vedere chiaramente un’ eventuale chiamata di Dio.

Parlare, perché tutto ciò che è umano passa dalla parola e quello di cui non si parla finisce per deperire. È importante osare parlare della vocazione e invitare a una riflessione, nel rispetto delle libertà di coscienza. Ormai questa preoccupazione diventerà una priorità, per la nostra comunità di Carmelitani.

Il tasso di natalità delle coppie cattoliche nei paesi europei è 1,2. Se la famiglia trasmette la fede e le culle sono vuote, la pratica religiosa nelle nostre chiese seguirà la stessa tendenza, così come le vocazioni.

Dobbiamo fare delle riflessioni e ritrovare fiducia, senza essere né colpevolizzati né pretenziosi. Per analizzare una crisi, mezzo secolo può essere una misura di tempo pertinente. Poi si vedrà.

Concretamente, non ci resta che la preghiera. Pregare, perché lo Spirito Santo non ha disertato né la Chiesa né il nostro mondo.

In quanti e in quali paesi i Padri Carmelitani si sono stabiliti?

Se ci basiamo sul numero dei membri del Carmelo, ci troviamo al dodicesimo posto tra le 350 famiglie religiose della Chiesa Universale. Questi ordini sono consacrati alla preghiera, all’educazione, alla cura dei malati… contemplativi, mendicanti, apostolici, ordini centenari e giovani…

Per quanto concerne l’espansione geografica del Carmelo dobbiamo dire che l’Ordine dei Carmelitani Scalzi si è ad oggi stabilito nei cinque continenti. Questo Ordine religioso, nato a metà del XVI° secolo, deriva da una riforma dell’Ordine del Carmelo. Questa riforma fu in un primo tempo applicata a conventi femminili da santa Teresa d’Avila nel 1562. In seguito la riformatrice, appoggiata da san Giovanni della Croce, la introdusse nei conventi maschili. Uno dei segni della Riforma di santa Teresa d’Avila era l’uso da parte dei Carmelitani di calzare i sandali sui piedi nudi ( da questo il loro nome).

Evoluzione degli effettivi nel corso della storia

La riforma ha inizio nel 1562 in un primo convento. Nel 1582 (alla morte di santa Teresa d’Avila) in Spagna si contano 16 monasteri di monache di clausura e 17 conventi di religiosi. Nel 1591 sono 24 i conventi di Carmelitane, per un totale di 200 religiose, e 33 i conventi di Carmelitani che accolgono 300 confratelli scalzi, tutti suddivisi tra Spagna e Portogallo. Alla fine del XVI° secolo i conventi di Carmelitani e di Carmelitane scalzi sono limitati alla Spagna più due in Italia (Roma e Genova). Nel 1635, 22 conventi sono stati fondati in Francia e, a metà del XVII° secolo, l’Italia comprende sei province, la Francia cinque, alle quali si aggiunge una provincia Germania-Austria che sarà divisa in due all’inizio del secolo successivo.

Alla fine del XVII° secolo, l’ordine degli Scalzi (separato dai Grandi Carmelitani) conta una ventina di province e circa 8000 religiosi. In Francia, dal 1766 al 1780, la “Commissione dei regolari” registrava 79 conventi di Carmelitani Scalzi, per un totale di 750 religiosi (si registrano altre cifre in altre fonti: nel 1765 non si contavano più di 600 Carmelitani scalzi in Francia, ripartiti in circa 60 conventi. Nel 1790, il censimento dei religiosi realizzato dalla Costituente non registra più di 425 Carmelitani Scalzi. Le Carmelitane, alla vigilia della Rivoluzione, sono poco più di 1700, suddivise in 74 conventi. Nel 1804, dopo lo scioglimento e la sparizione di tutti i conventi, 25 conventi di Carmelitane sono riaperti. Nel 1850, in Francia ci sono 72 conventi di Carmelitane e nel 1901 132.

Nel 1961 l’Ordine contava, nel mondo intero, 4200 Carmelitani ripartiti in 28 province e 382 conventi e 15000 Carmelitane ripartite in 727 monasteri nei 5 continenti. A queste cifre si aggiungono 63 congregazioni religiose collegate all’Ordine dei Carmelitani Scalzi e 2 Istituti secolari (istituti composti da laici).

Nel 1994, in Francia si contavano 113 conventi con circa 2000 religiose di clausura e, nel 2013, il numero dei monasteri di Carmelitane è indicato a 85 (più 2 nella Svizzera francofona). In Spagna si contano due province e 149 conventi di Carmelitane. La zona “Gran Bretagna- Irlanda” viene costituita a provincia nel 1929. Gli Stati Uniti contano 3 province e 64 conventi. In Australia si contano diversi conventi di Carmelitane e 2 di Carmelitani.

In Francia il Carmelo di Pontoise, fondato nel 1605, il più antico Carmelo di Carmelitane Scalze, è ancora oggi in attività.

Questi gli 87 paesi in cui i Carmelitani sono presenti.

87 paesi dove sono stabiliti i Carmelitani

  • Albania
  • Argentina
  • Australia
  • Bangladesh
  • Belgio
  • Bielorussia
  • Bolivia
  • Bosnia Erzegovina
  • Brasile
  • Bulgaria
  • Burkina Faso
  • Burundi
  • Camerun
  • Canada
  • Repubblica Ceca
  • Cile
  • Colombia
  • Repubblica del Congo
  • Repubblica Democratica del Congo
  • Costa d’Avorio
  • Costarica
  • Croazia
  • Cuba
  • Germania
  • Ecuador
  • Egitto
  • El Salvador
  • Inghilterra
  • Spagna
  • Francia & DOM TOM
  • Guatemala
  • Honduras
  • India
  • Indonesia
  • Iraq
  • Irlanda
  • Israele
  • Italia
  • Giappone
  • Kenia
  • Corea
  • Lettonia
  • Libano
  • Madagascar
  • Mauritius
  • Ungheria
  • Malaysia
  • Malawi
  • Malta
  • Messico
  • Monaco
  • Montenegro
  • Olanda
  • Nicaragua
  • Nigeria
  • Austria
  • Panama
  • Paraguay
  • Perù
  • Filippine
  • Polonia
  • Portogallo
  • Porto Rico
  • Repubblica Centrafricana
  • Repubblica Dominicana
  • Romania
  • Russia
  • Ruanda
  • Senegal
  • Serbia
  • Seychelles
  • Singapore
  • Slovenia
  • Sudafrica
  • Svizzera
  • Scamosciato
  • Taiwan
  • Tanzania
  • Thailandia
  • Togo
  • Stati Uniti
  • Uganda
  • Ucraina
  • Uruguay
  • Venezuela
  • Vietnam
  • Zambia

Se il primo approccio con i sacerdoti è di importanza capitale per la creazione di un rapporto di confidenza e di sicurezza, come organizzate voi l’accoglienza nella cappella?

Nella nostra cappella non abbiamo un comitato o un’associazione che si occupi in tutto e per tutto dell’accoglienza. Siamo noi, i due carmelitani, ad organizzarla. Tuttavia la realizzazione pratica dell’accoglienza sarebbe impossibile senza alcune persone che silenziosamente e nascostamente ne permette la realizzazione e il buon esito.

Il cuore risuona di gioia quando pensiamo al legame antico e profondo che è presente tra i carmelitani di Monaco e il grande numero dei fedeli della nostra cappella. Legami che abbiamo tessuto sia spiritualmente sia attraverso i rapporti umani tra di noi: dai gesti più semplici agli scambi più profondi.

Sorprende sempre il legame di affetto e di aiuto che si crea spontaneamente tra tanti fedeli che giungono alla nostra cappella nelle diverse circostanze della vita. Gli egoismi e i propri interessi lasciano quasi del tutto il posto alla comprensione e all’armonia, anche tra perfetti sconosciuti. Sappiamo bene, infatti, che quando si puntano gli occhi del cuore sulla semplicità e la sincerità, ci si avvicina sempre di più.

Nella vita quotidiana, affrontate situazioni insolite o inconsuete?

Capita, a volte, che i fedeli, senza pensare di calcolare preventivamente i differenti fusi orari, ci telefonino dall’aeroporto, dall’Argentina, dal Canada, da Singapore… per annunciare il loro arrivo “imminente” a Monaco e il desiderio di incontrarci al più presto per condividere la loro esperienza e ritemprarsi al nostro fianco. Spesso hanno già riservato il ristorante…

 

Possiamo anche incontrare altre persone, non necessariamente fedeli della nostra cappella, che vivono una situazione instabile, dal punto di vista spirituale, ma anche emotiva, famigliare o sociale… Per esigenza o per ingenuità, vorrebbero ricevere un aiuto personalizzato, su misura, rapido, a scelta ed efficace. Ma molto spesso in questi casi, l’intervento richiesto non ci compete.

Quali sono gli aspetti concreti, le esigenze, le difficoltà e le gioie della vostra vita comunitaria?

Questa domanda rinvia all’idea di fraternità nella comunità. Non è facile parlare di fraternità, perché suscita, in coloro che la vivono all’interno e in coloro che la considerano dall’esterno, giudizi diversi, contrastanti, che riferiscono molte sfumature e che sono forzatamente limitati.

 

Capita di sentirci dire: “Siete fortunati, la solidarietà che vi lega vi risparmia l’insicurezza e la preoccupazione per il futuro. Nelle prove e nella malattia non siete mai soli”. Siamo consapevoli di questi vantaggi che molti possono invidiarci.

 

Altri sottolineano: “Non avete scelto una soluzione di comodo. Come riuscite a vivere e a sopportarvi a vicenda dato che non vi siete scelti?”. In effetti noi non ci siamo scelti, ma crediamo che il Signore stesso abbia scelto le pietre vive che costituiscono l’edificio e che danno ad ogni comunità la sua particolare fisionomia. Ed è da Lui che deriva l’amore che ne assicura la solidità, nonostante ciò che la minaccia.

 

Sicuramente la fraternità non è monopolio dei religiosi; riguarda la Chiesa nella sua totalità. D’altronde, in Francia, il motto nazionale fa appello a tutti i cittadini senza eccezioni. Per noi, discepoli di Gesù, il richiamo del Maestro è impellente: “Ciò che vi comando è amarvi gli uni gli altri”, e noi sappiamo che i primi cristiani l’hanno inteso molto seriamente al punto di suscitare lo stupore e l’ammirazione.

 

Questa fraternità si realizza grazie all’amore vicendevole tra coloro che compongono la comunità, amore nutrito dalla Parola e dall’Eucarestia, purificato dal sacramento della Riconciliazione, sostenuto dalla preghiera.

 

Una comunità di Carmelitani, come la nostra – anche se tanto piccola – è un gruppo di religiosi uniti dalla stessa chiamata all’impegno, alla dedizione e alla responsabilità nel servizio ecclesiale che le è stato affidato; tutto è basato sulla preghiera, sulla testimonianza e sulla coerenza di vita. Far parte di una comunità di Carmelitani significa vivere nell’armonia, in un clima di azione e di silenzio, in comunione fraterna che ha per centro l’amore del Signore e l’amore per gli altri. La norma principale che definisce una comunità di religiosi carmelitani è la carità fraterna e una generosa abnegazione nei confronti dei fedeli.

Il nostro modo di vivere è volto a promuovere ciò che Santa Teresa d’Avila desiderava ardentemente parlando delle Carmelitane: “Qui tutte devono essere amiche, tutte devono amarsi, tutte devono volersi bene, tutte devono aiutarsi.” Come non essere pieni di entusiasmo per queste parole che lasciano intravvedere la grande gioia del vivere insieme?

 

Il desiderio di relazioni armoniose ci è proprio, perché la vita in comunità procura grandi gioie, allarga il cuore di chi accetta d’impegnarsi a fondo. Quest’ultimo punto non può passare sotto silenzio: la vita fraterna mette effettivamente alla prova; ed è impegnativa.

 

  1. La vita comunitaria mette alla prova perché è arduo scoprire, in se stessi come nell’altro, quanto l’umano è limitato e fragile. Più complicato ancora è accorgersi che l’incontro con l’altro può diventare difficile, perché la differenza stupisce, disturba…; a volte destabilizza. Piuttosto che mettere a rischio l’accettazione sarebbe possibile proteggersi in modo falso, mostrando un’educata indifferenza, senza creare problemi… Ma questa non sarebbe una buona soluzione. Dobbiamo sempre controllare lucidamente le motivazioni e i sentimenti dentro di noi se vogliamo che la nostra comunità sia “un cielo”, come affermava santa Teresa d’Avila.
  2. La vita comunitaria ci impegna. Gesù ha insegnato la fraternità in modo del tutto particolare, con parole e con atteggiamenti. La fraternità diviene in questo modo coraggiosa, non è un sogno né solo un valore morale; è legata alle azioni quotidiane, all’impegno di ciascuno nell’incontro interpersonale di ogni giorno.

Nella vita comunitaria l’accoglienza dell’altro deve essere rinnovata in modo continuo. Ogni persona è sempre conosciuta in modo parziale, è un mondo a sé stante, ha un suo mistero e a volte sconcerta. È la generosità gratuita che porta ciascuno di noi due alla gioia e al vantaggio per se stessi, per l’altro e per l’insieme.

Quale atteggiamento avete nei confronti delle persone che non cercano un incontro con voi?

Non è complicato incontrare le persone che vengono nella cappella con il desiderio di trovare ascolto e comprensione. Il problema diventa più difficile quando si tratta di persone che non hanno l’abitudine o la predisposizione ad entrarvi. Se leggiamo l’articolo “Progetto pastorale missionario della Diocesi di Monaco”, pubblicato nel numero 161 della rivista “Église à Monaco”, troviamo la risposta al paragrafo 4 sotto il titolo “Uscire per l’incontro”.

La porta esterna della cappella può diventare un punto strategico per gli incontri. Se siamo attenti potremo capire quali, tra i passanti, mostrano una certa tendenza a rispondere a un semplice “buongiorno” e ad avvicinarsi a noi quando facciamo loro un “segno”…

Invitarli ad entrare nella cappella, spiegare loro i simboli religiosi e carmelitani che si trovano all’interno (soprattutto le vetrate di Santa Teresa di Lisieux, il presepio, le statue), rivolgere loro un messaggio di incoraggiamento, interessarci alla loro vita quotidiana, proporre loro un successivo incontro.

Quante volte ci stupiamo del loro desiderio di ascolto, della scoperta e della meraviglia quando, in un’atmosfera sconosciuta o poco conosciuta da loro, sono trattati con la cordialità dell’accoglienza che ricevono da parte di un sacerdote.

Qual è il ricordo più commovente che avete di Monaco?

Al tempo della cappella prefabbricata (1998-2002). A fianco della sacrestia, tra due muri, una superficie vagamente adattata come “giardino” – ironico – contenente due panche (occorreva essere in piena forma fisica per riuscire a sedervisi sopra) e un ombrellone fissato a un tavolo: tutto questo sistemato malamente su una superficie di 5 mq. (si può ancora individuare perfettamente questo luogo nonostante i lavori eseguiti col passare del tempo).

Questo posto di incontri amichevoli resta per me il luogo provvidenziale dove i pochi fedeli che lo frequentavano hanno avvertito un impeto di complicità e di fraternità con i Carmelitani. Si sono vissuti momenti magici. Mai uno spazio tanto ridotto è stato così prezioso a Monaco.

Qual è il fatto che vi ha più destabilizzato?

La demolizione della prima chiesa nel 1998. Questo fatto non lascia indenni.

Avete avuto anche delle preoccupazioni… Che cosa vi ha toccato personalmente?

La storia è, per natura, tragica. Nel calcolo delle gioie e dei dolori, bisogna inserire il dramma e il dolore nella trama dei giorni, trarre un aspetto positivo dal dolore, relativizzare, cercare il proprio prototipo di soddisfazione.

Misurare la gioia o il dolore rientra nel campo di una chimera dell’immaginazione. Essere felici è una questione di volontà, di tirocinio e di ricette da applicare.

Quale contributo potete portare alla diocesi?

La cappella è piena di vita. I Carmelitani che la servono mostrano una grande libertà interiore, perché è bene così o la loro vita sarebbe un purgatorio. Nella comunità religiosa troviamo una reale autonomia strutturale, tra i fedeli una grande fraternità, rispetto e molto humor.

Quali ricordi, quali lamentele, quali rimpianti a proposito della demolizione della prima Chiesa?

Demolizione = Decostruzione (come direbbero certi direttori dei lavori a Monaco). Cinico?

Nietzsche: tutto ciò che non uccide, rende più forti.

A volte la tenacia riesce a modificare il corso del destino.

Come spiegate il fatto che si sia dovuto aspettare fino ad oggi (2018) perché si realizzasse un sito web dei Carmelitani?

Ci sono state numerose iniziative in questo senso. Già nel 1995 avevamo un sito internet pioniere in Monaco, basato sul servizio di alloggio gratuito Multimania che proponeva in cambio un web integrante la pubblicità tra le sue pagine. In seguito Lycos si sostituiva come sito di alloggio. In quel tempo il nostro sito era concepito più come un mezzo di informazione privata nell’ambito carmelitano internazionale.

Ma è solo adesso in effetti che la prima grande sintesi di informazione pubblica su internet assume per noi un aspetto professionale. Questo perché prima di tutto c’è voluto del tempo per assimilare conoscenze tecniche e storiche; in seguito, en terme mémoriel, non era ancora giunto il tempo per effettuare una rilettura serena ed avere una visione globale della nostra situazione da far conoscere ufficialmente e apertamente al mondo.